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mercredi 4 février 2015

Autour d'Orphée, concert du Paris Mozart Orchestra jeudi 22 janvier 2015




Au programme du concert de cette année, Orfeo de Silvia Colasanti, et Six épigraphes antiques de Claude Debussy. Au pupitre, la chef d'orchestre Claire Gibault, les textes dits par la comédienne Suliane Brahim, pensionnaire de la Comédie Française, et vue récemment dans le film "Libre et assoupi."

Le matin, devant un public intéressé, un moment de répétition publique a donné l'occasion à Claire Gibault d'évoquer les œuvres et la spécificité de chaque instrument de l'orchestre. Sur des extraits des Épigraphes Antiques, une œuvre de Debussy datant de 1914, elle montre comment on peut, à l'aide des instruments  évoquer des images ou des impressions, comme la couleur orientale de la musique de l'épigraphe "l’Égyptienne".
Lorsqu'Orphée charme Cerbère avec une lyre, elle explique comment restituer le son de la lyre avec d'autres instruments.
L'ensemble de percussions composé d'un vibraphone, de cymbales, de toms, d'un gong, un carillon une plaque à tonnerre, une grosse caisse, un bâton de pluie, une paire de crotales, était très impressionnant. Cécile, la percussioniste aura aussi l'occasion d'expliquer ses instruments à son public d'élèves curieux, venu exprès à la fin de la répétition, demander des précisions supplémentaires.

Dans le mythe, Orphée obtient le droit de sortir Eurydice des Enfers, en marchant devant elle sur un petit chemin étroit et escarpé. Malgré l'interdiction, il se retourne vers elle et la perd. Une musicienne placée derrière le public fait entendre quelques notes avec son cor, pour obliger le public à se retourner comme Orphée.

La récitante Suliane Brahim


L'après-midi, le public est revenu pour assister au concert. Les musiciens, tout de noir vêtus, ont joué les œuvres expliquées le matin même. Au mur, le visuel préparé par des élèves de seconde en option audiovisuelle. Et à la voix, sur le texte d'Ovide, une comédienne charismatique qui rendrait passionnant n'importe quel texte,  jusqu'à une liste de courses.
Le choeur du lycée dirigée par Corine Campenon et Sylvain Follot, a ensuite donné de la voix avec la chanson d'Orphée de la musique du film Orfeu Negro, brillamment accompagné par les musiciens de l'orchestre.


jeudi 4 décembre 2014

Claire Gibault et Silvia Colasanti : Orfeo, rencontre autour d'un mythe et d'un métier..

Mardi 2 décembre, en salle Isnard, Claire Gibault est venue rencontrer les lycéens impliqués dans le projet concert du Paris Mozart Orchestra, accompagnée de Silvia Colasanti la compositrice du mélologue Orfeo, qui sera représenté au lycée le 22 janvier 2015.


Cette partition est jouée par deux musiciennes complémentaires mais très différentes. En effet Silvia n'a pas comme Claire été éduquée dans une famille de musiciens. Elle compose depuis l'âge de 11 ans, et c'est grâce à des professeurs qui ont cru en elle, qu'elle a pu accéder à une classe de composition dans laquelle elle était la seule femme. Claire, quant à elle, a eu son père comme premier professeur, elle a ainsi été formée dès l'âge de 4 ans, pour conquérir son statut.

Un premier extrait vidéo passe, montrant Claire dans l'exercice de sa fonction de chef d'orchestre, ce qui l'amène à ce commentaire sur le montage qui tente de gommer la violence de l'engagement physique devant l'orchestre par des insertions d'images d'elle plutôt souriante, comme s'il fallait à tout prix évoquer quelque chose de doux et féminin.

Comment écrire de la musique ? Silvia répond qu'elle doit d'abord penser la musique pour l'écrire sur le papier, plutôt que de travailler au piano, dont le timbre est réducteur . Elle se sert également du logiciel de composition "Finale". Claire rappelle que Silvia est brillante et lauréate de nombreux prix, ce que l'on peut vérifier sur son site web:


Silvia aime écrire sur des mythes antiques car il y toujours possibilité de moderniser les personnages, mais elle a aussi écrit sur la métamorphose de Kafka, un texte que tout le monde connait, car on l'étudie dans toutes les écoles d'Europe.

La rencontre de Claire et de Silvia s'est faite par l'intermédiaire de Fabio Vacchi, dont Silvia était l'élève. Lors d'un concert organisé pour trouver des fonds pour la reconstruction du village de l'Aquila détruit par un tremblement de terre, Claire devait diriger Medea, une composition de Silvia qui venait d'avoir un bébé. Elle a été impressionnée par le tempérament de cette musicienne qui n'hésitait pas à donner au public un morceau où il est question d'une mère qui tue ses enfants, alors qu'elle-même venait d'accoucher.

Le mélologue est un genre musical sur de la voix parlée. Le premier mélologue a été un Pygmalion de Jean-Jacques Rousseau, mis en musique par Georg Benda. Au cours de recherches, Claire a pu trouver une lettre de Mozart ayant assisté à la représentation qui trouve formidable ce genre simple et agréable.

Dans Orfeo, Silvia utilise divers procédés pour créer des images et des couleurs comme une phrase musicale de Monteverdi qui a écrit aussi un Orfeo, le premier opéra de l'histoire de la musique. Elle place un cor derrière les spectateurs pour les inciter à se retourner en entendant l'instrument, au moment où dans le mélologue, Orfée se retourne et perd Eurydice.

Le Paris Mozart Orchestra, pour cette œuvre, se compose de 5 instruments à cordes, 4 instruments à vent, et de nombreuses percussions dont un bâton de pluie.

Claire évoque ensuite la gestuelle du chef d'orchestre avec sa baguette qui amplifie le geste. La main droite, c'est celle de la précision, et la gauche celle de l'expression. C'est l'inverse si le chef d'orchestre est gaucher, et ça arrive quelquefois !
La gestuelle est importante car le chef d'orchestre ne parle que pendant les répétitions. Pendant le concert, il doit réunifier tout ce que donnent les musiciens.
Pour les compositeurs, l'interprète comme le public ont un rôle fondamental car chacun, à sa façon, apporte à la création. C'est comme un miroir, le compositeur avec l'interprète découvre quelque chose, c'est tout sauf figé, et ça évolue dans le temps.

En dirigeant des master-classes de direction d'orchestre, Claire s'est rendue compte que sa présence rassurait les jeunes femmes qui sont aussi nombreuses dans son cours que les hommes. Être chef d'orchestre suppose avoir une bonne connaissance de la science musicale. C'est aussi un travail physique et travailler physiquement va de pair avec le travail intellectuel et l'enrichit. C'est en effet l'engagement du corps qui crée la mémoire du geste. Geste indispensable à la restitution de la musique le jour du concert.




Le mélologue Orfeo est suivi dans le programme du concert  par le chœur du lycée dirigé par Corinne Camperon et Sylvain Follot, qui nous font part d'un moment de  répétition du chant extrait de la musique du film Orfeu Negro. 


Silvia et Claire nous quittent pour aller enregistrer une émission de France Musique qui sera diffusée le 14 décembre à 16 h.
Prochaine étape du projet: 22 janvier, au gymnase escalade pour le concert.


lundi 28 avril 2014

Le diaporama du concert est disponible


Le diaporama réalisé par Armelle Samzun avec les photos qu'elle a prises, et les croquis réalisés par les élèves de Murielle Perrin  est disponible:

Cliquer sur le lien dropbox suivant:

 



vendredi 21 mars 2014

Jeudi 20 mars: Concert au gymnase escalade

"C'était une bonne journée", nous a dit en partant Graziane Finzi la compositrice de Scénographies d'Edward Hopper.

Que ce soit pour la répétition du matin ou pour le concert de l'après-midi, la salle était pleine pour cet évènement qui nous réunit tous les ans depuis trois ans.

Cette année la participation des classes étaient plus importante dans le processus de création, car des textes ont été écrits, des chants ont été préparés. C'était également un rare privilège d'avoir au lycée la compositrice de l'oeuvre jouée par les musiciens.





Au programme:

Le Paris Mozart Orchestra dirigé par Claire Gibault

-Adagio de Samuel Barber, opus 11 en hommage à Nelson Mandela.

-Scénographies d'Edward Hopper  d'après "Soleil dans une pièce vide" de Claude Esteban, musique de Graziane Finzi, avec des textes écrits par les élèves du lycée.

Récitante: la comédienne Claudia Staviski (théâtre des Célestins de Lyon)

- La chorale du lycée a interprété la Habanera de Carmen de Bizet, et un Gospel .


Un compte rendu avec une vidéo et des photos sur le lien suivant:
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lundi 10 février 2014

Claire Gibault prépare le concert du 20 mars avec les élèves du lycée

Lundi 27 janvier en salle Isnard, les élèves de 4 classes différentes étaient réunis pour partager ensemble avec Claire Gibault un moment de mise en commun du travail fait en classe.

 Un hommage à Claudio Abbado, le grand chef italien, mort récemment, le "maître" de Claire Gibault, celui qui lui a appris la nuance dans la direction d'orchestre.

Des lectures de textes, et une répétition de la chorale du lycée qui nous a présenté son travail sur les morceaux qui seront chantés lors du concert du 20 mars.
A très bientôt au gymnase escalade pour un concert que nous souhaitons mémorable.

jeudi 24 janvier 2013

Une création mondiale au lycée!

 Mardi 24 Janvier, le gymnase s'est transformé en salle de concert, et les lumières éclairant le mur d'escalade donnait à ce lieu des airs majestueux d'opéra.......

 A l'oeuvre, les 17 musiciens du Paris Mozart Orchestra, et leur chef, Claire Gibault, filmés par les étudiants du BTS audiovisuel du lycée de Boulogne.

Le matin c'était la répétition publique, une petite initiation à la musique, comme des clés pour comprendre l'oeuvre, et s'ouvrir à l'écoute. Nos élèves ont ainsi découvert les familles d'instruments (les bois, les cordes frottées, les cordes pincées, les percussions......) Ils seront incollables sur  les nuances (pianissimo, fortissimo...) l'harmonie, le tempo...Lorsqu'un compositeur rencontre un écrivain, quels sont les outils à la disposition du musicien pour créer des images? Tout cela était illustré par des extraits joués de différentes façons.

Au programme, une oeuvre contemporaine jouée pour la toute première fois au monde.
Soudain dans la forêt profonde, un mélologue de Fabio Vacchi, d'après un conte  écrit par Amos Oz. Un texte pour les adultes comme pour les enfants, qui nous enseigne qu'il ne faut pas se contenter de survivre dans la crainte, qu'il faut savoir écouter l'autre, un très beau message de tolérance et d'amour. Le comédien Christophe Malavoy nous a plongés pendant près d'une heure dans un univers onirique, sa belle voix grave comme un instrument de l'orchestre nous contant les aventures d'un village perdu dont tous les animaux ont un jour disparu emportés dans la forêt par le démon Nehi terrorisant la région. Ce sont deux enfants qui vont briser la malédiction, entrant dans la forêt, découvrant les animaux, et Nehi lui-même.....Une musique contemporaine créant des images dans laquelle il était possible d'entendre le bruissement de la forêt, le ronronnement du chat, le chant des oiseaux, l'eau qui coule. Une très belle oeuvre pleine de poésie qui a immobilisé le temps l'espace de l'après-midi, pour nous renvoyer à notre propre vérité d'humain.

En deuxième partie, c'était l'instant émotion pour les élèves de deux classes de seconde du lycée qui ont interprété un Lied de Schubert, Ständchen (en Français: Sérénade), un vrai tube de son époque. C'était aussi pour eux une première que de chanter accompagnés par un orchestre.

C'était un moment magique, une leçon d'Histoire de l'art en action. les élèves des deux classes de seconde retrouveront Claire et ses musiciens le 19 avril dans la salle de concert du musée du Quai Branly. Il y a fort à parier que d'ici-là, ils auront dépassé toute la crainte qu'ils ont eu de chanter en public devant 200 personnes ce 24 janvier au lycée.



Reportage à la fin du journal du soir de D8 du vendredi 24 janvier :














































vendredi 18 janvier 2013

Un concert au lycée

Jeudi 24 Janvier

concert au lycée (gymnase escalade)

Programme:
  • Soudain dans la forêt profonde, de Fabio Vacchi d'après l'oeuvre de Amos Oz, avec dans le rôle du récitant Christophe Malavoy.
  • Lieder de Schubert, avec des élèves du lycée.
Orchestre "Paris Mozart Orchestra" dirigé par Claire Gibault
Horaires: Pour le concert  de 14h , c'est complet, mais il reste des places pour la répétition publique le matin dès 10H30. S'adresser au CDI pour réserver auprès de Michèle Dégardin

samedi 14 avril 2012

Les élèves de 2nde 6 au Conseil Economique Social et Environnemental CESE


Jeudi 12 avril, les élèves de 2nde 6 se sont rendus au Conseil économique social et environnemental, place d'Iéna à Paris, peu loin du Trocadéro pour assister à un concert classique, dernière phase du projet de l'année scolaire en partenariat avec Claire Gibault et le Paris Mozart Orchestra.
Ils ont été reçus dans l'hémicycle. Le président de la 9ème section, "éducation et culture", Monsieur Da Costa leur a expliqué le rôle de la "troisième assemblée" qui regroupe des experts issus de tous les compartiments de la société civile et du monde de l'économie. 233 conseillers sont désignés pour 5 ans. Les avis qui sont publiés servent à améliorer la législation. Ainsi en 2008 a été rendu un avis sur la sécurité routière préconisant le port du gilet jaune, les triangles de signalisation et la nécessité d'enseigner le code de la route dans les collèges et les lycées. Pour la partie "gilet jaune et triangle" les avis du CESE ont été suivis, en ce qui concerne le code de la route au lycée, il semblerait qu'on en ait entendu parlé récemment.

Un guide spécialisé en architecture s'est ensuite employé à situer l'architecture du Palais d'Iéna dans l'histoire de l'architecture de la fin du 19è siècle et de la première moitié du 20ème siècle. En effet, les matériaux pour construire des bâtiments dans l'architecture traditionnelle sont la pierre et le bois. Le 19ème siècle a vu aux alentours de l'exposition universelle de 1889, le triomphe de l'acier et du verre. Des bâtiments très impressionnants en hauteur et en dimension ont pu être réalisés. La Tour Eiffel est à cet égard une démonstration de maîtrise de cette technologie, tout comme la statue de la Liberté (Bartholdi 1886).  Dans ce contexte, l'architecte Auguste Perret (1874-1954) s'est illustré par la maîtrise du béton dans la construction. Ce matériau, qui peut prendre toutes les formes a permis le développement de l'architecture, et notamment la construction du palais d'Iéna dans les années 1930, en forme de rotonde, avec son hémicycle de 25 mètres de diamètre couvert de deux coupoles.  Une salle hypostyle et un escalier d'honneur  très aérien, complètent l'ensemble qui abrite de nombreux chefs-d'oeuvre : tapisseries des Gobelins, fresques et sculptures.
A noter que le lycée professionnel du bâtiment à Evry rend à sa façon hommage à l'oeuvre d'Auguste Perret en portant son nom.

Le concert de l'après-midi avait au programme, les inestimables chroniques du bon géant Gargantua, de Jean Françaix d'après Rabelais, avec pour récitant Robin Renucci, et la symphonie n°31 en ré majeur "Paris" KV 297 de Wolfgang Amadeus Mozart. 
Hélas, la salle pleine de colonnes et la façon dont étaient disposées les élèves des différentes classes, était un inconvénient majeur pour la concentration et l'écoute. Bizarrement, les adultes, qui n'étaient pas vraiment le public cible, étaient situés en face de l'orchestre, les élèves, relégués dans les ailes ne voyaient pas bien les instruments. Un peu surprenant pour une tentative de gagner un public jeune et populaire pour la musique classique! Un seul établissement scolaire a été présenté, et pas les autres. Robin Renucci qui a appelé sa chorale à la fin des deux morceaux, lui a fait tourner le dos au public pour chanter, chose assez étrange pour un comédien et metteur en scène. ....bref le concert était plus réussi au lycée y compris en ce qui concerne l'acoustique. En revanche une vue splendide sur la Tour Eiffel comme un prolongement du chapitre d'histoire des arts qui a précédé, nous a laissé tous rêveurs.

Pas le temps de prendre congé et de saluer Claire Gibault, les discours de présentation avec des orateurs (Raymond Soubie.....)se congratulant à loisir et  s'écoutant un peu parler,  pas du tout adaptés à un jeune public, nous ayant fait prendre du retard sur le planning. Il fallait rentrer à Corbeil. Bilan mitigé pour cette journée dont la partie éducation citoyenne  et Histoire des arts, dans l'hémicycle, l'emportait largement sur la partie musique.

Michèle Dégardin

vendredi 2 décembre 2011

"Fais ce que voudras"...Le compositeur Jean Françaix revisite Rabelais


Extraordinaire journée au lycée ce vendredi 2 décembre autour d’un concert classique!

Au programme , Les inestimables chroniques du bon géant Gargantua, de Jean Françaix, par le Paris Mozart Orchestra, dirigé par Claire Gibault, avec, dans le rôle du récitant, Eric Génovèse de la Comédie Française. Et ce n'est pas tout, ce concert prévoit aussi deux autres petites pièces de Bach et de Glück, ainsi qu’un madrigal de la Renaissance 

L’orchestre composé uniquement d’instruments à cordes (violons, altos, violoncelles et une contrebasse) a été accueilli dans des locaux, pas vraiment prévus pour un concert. Le matin, répétition générale, l’occasion pour les musiciens de tester l’accoustique de la salle, et de rencontrer les élèves des classes de 2nde4, Terminale L2 et de la classe préparatoire ATS. Les filles de Terminale L2 ont pu répéter avec les musiciens un madrigal  Tant que vivray  écrit par Clément Marot mis en musique par Claudin de Sermisy, un texte sur lequel elles travaillaient depuis quelques semaines avec leur professeur de littérature, Dominique Pulicani.

Claire Gibault a su rendre ce moment de répétition très pédagogique en nous racontant la musique : que signifie BWV* avec un numéro lorsqu’on parle d’une œuvre de Bach, comment Jean Françaix a écrit pour la contrebasse le moment où le récitant dit que Picrochole se fait battre par sa femme. Comment rendre une musique « orientale »…informations sur les cordes, leur vibration, introduction à la notion de mesures, comment écrire musicalement une chevauchée, la guerre. Chacun des musiciens et son instrument est ainsi présenté. On peut aussi remarquer leur complicité dans cette aventure et leur bonheur de jouer.

L’après-midi changement d’ambiance, les salles « vidéos » du lycée sont converties en loges improvisées, les musiciens et le récitant arrivent en costumes noirs pour une représentation à 14h. L’orchestre et Eric Génovèse déroulent l’histoire de Gargantua depuis la généalogie des géants, la naissance et l’éducation de Gargantua, la guerre "Picrocholine" et l’utopie de l'abbaye de Thélème. Jean Françaix nous fait revisiter Rabelais pendant une heure. Eric Génovèse interprète le texte et restitue avec un bonheur sensible, la musicalité du verbe et l’humour truculent du grand écrivain humaniste.

Un très grand moment, suivi d’une « standing ovation ». Nos élèves ont grandi, ils ont découvert un art à mille lieues de leur univers. Certaines l’ont pratiqué et sont tout étonnées d’avoir surmonté leur peur de chanter en public, encouragées par leurs professeurs et par les élèves présents, sous la direction chaleureuse de Claire Gibault, accompagnées par d’excellents musiciens, sous le regard bienveillant d’Eric Génovèse. Leur prestation de l’après-midi est encore meilleure qu’à la répétition. C’est pour elles, une petite victoire collective.

Prochain rendez-vous au Conseil Economique et Social le 30 mars pour un concert et une rencontre avec Jean-Paul Delevoye, son Président,  avec l’atelier de Sciences Politiques du lycée. Claire évoque un prochain projet à partager avec des lycéens, sur un texte de Amos Oz Soudain dans la forêt profonde, oeuvre sur laquelle le musicien Fabio Vacchi a écrit un "mélologue" . Un auteur et un compositeur à découvrir. C’est sûr on se reverra souvent pour d’autres découvertes musicales!

Michèle Dégardin


*BWV= Bach Werke Verzeichnis = catalogue des oeuvres de Bach




















mardi 15 novembre 2011

La direction d'orchestre par Claire Gibault

Mardi 15 novembre en salle Isnard, nous avons accueilli une conférence de Claire Gibault chef d'orchestre du Paris Mozart Orchestra pour une initiation à la musique classique et à la Direction d'orchestre.
Cette conférence inaugure un court cycle d'Histoire des Arts qui doit conduire les élèves du lycée présents ce jour-là à un concert classique le 2 décembre. en effet, Claire Gibault revient avec un orchestre de cordes de 11 musiciens pour jouer au lycée "les inestimables chroniques du bon géant Gargantua" de Jean Françaix, dont on va fêter le centenaire de la naissance en 2012. 

Ce mardi, il a été question de la baguette du chef, attribut du pouvoir, qui prolonge le geste mais qui n'est pas forcément nécessaire, les mains par contre ont une fonction bien définie. La droite, c'est la main de l'autorité celle qui bat la mesure, la gauche, celle de la sensibilité. Si Claire Gibault a très jeune appris le violon et le piano, il n'est nécessaire à un chef d'orchestre de savoir jouer de tous les instruments , une bonne connaissance de leur possibilité suffit. Claire Gibault compare son rôle à celui d'un manager qui doit faire donner le meilleur d'eux-même aux musiciens. C'est un métier qui réconcilie le corps et l'esprit, l'énergie se transmet par le corps et  qui ne peut s'exercer que par passion. Un métier particulièrement masculin et où une femme peut être chef invité, mais rarement directeur musical d'une formation à moins de créer sa propre entreprise, son propre orchestre.
D'abord très silencieux et un peu perplexes devant un univers "étrange", les élèves se sont un peu  déridés pour évoquer des questions sur la liberté d'interprétation , est-ce que tout n'est pas écrit dans ces étranges signes que sont les partitions , certaines circulaient dans la salle, des partitions de chef avec avec une ligne par instrument. Dans un texte tous les mots sont écrits, et pourtant si nous le lisons à haute voix nous pouvons en respectant chaque mot apporter chacun une interprétation, la musique c'est pareil.
D'autres aspects ont été évoqués comme les tessitures des voix de femmes et d'hommes, la taille des orchestres, le prix des billets et le milieu très particulier des musiciens où la transmission se fait à l'intérieur de dynasties familiales d'un milieu social aisé. Venir au lycée c'est sortir un peu du microcosme des amateurs de musique classique et tenter de gagner un nouveau public et de nouveaux interprètes. 
Michèle Dégardin