vendredi 16 mai 2008
Mardi 20 mai, de 12h30 à 14h un "mardi de Doisneau"
vendredi 11 avril 2008
Chapitre 5 : Le marché d'Ayorou
Nous avons croisé une foule nombreuse débarquant des grandes pirogues maliennes ou accourue par toutes les pistes de la région. Une foule encore plus dense se presse dans les étroites travées, entre les étalages précaires. Le marché simule une abondance extrême dans un pays où tout est rareté. Tous ces sacs de riz, ces tas d’épices, ces batteries de vaisselle chinoise à fleurs, ces cotonnades hollandaises mêlées aux cotons indigos des touaregs, ces empilements de poissons séchés, ces paniers de gombo et de petites tomates, ces sacs de manioc en petits morceaux blancs prêts à bouillir, ces colifichets, perles et boîtes de cirage, montent à la tête de l’acheteur sans le sou qui flâne entre les merveilles exposées et qui rentrera chez lui avec quelques morceaux de sucre cassés au marteau de cuivre et une paire de brochettes empaquetées dans un papier crasseux, arraché à l’enveloppe d’un sac de ciment.
Tout est possible au marché…L’herbe en tas pour le fourrage des animaux. Les grandes perches pour les piroguiers, les bottes de mil, les plaques de sel venues du Mali ou les bouts de laine rouge au plaisir des dames. Une fumée de poussière plane dans les allées entre les abris de paille. On y voit des chapeaux peuls, des bonnets, des chèches touaregs, des tresses savantes. Chacun traîne son sac en plastique avec quelque trésor à vendre ou déjà trouvé.
Les enfants flânent et jouent. Les jeunes femmes font les belles. Les vieilles discutent âprement. Les hommes grognent autour du teuf-teuf du moulin : un diesel épuisé qui entraîne le « décortiqueur » de riz ou le broyeur de mil. Sur la berge du port aux pirogues, un préposé se démène pour faire payer l’inévitable taxe et brandit ses reçus pré signés.
Au marché au bétail des troupes d’animaux arrivent par vagues : moutons, chèvres, ânes, bœufs à longues cornes. Les bergers courent pour discipliner les animaux effrayés, brandissant leur grand bâton, rond et lisse, qui commande le mouvement des troupeaux. Les bêtes sont dirigées au mètre près et se calment à l’emplacement prévu. Progressivement, avec la chaleur, la rumeur prend de l’ampleur au-dessus de la foule des hommes qui négocient, attendent, jouent avec les réponses, s’amusent et s’interpellent, des billets dans leurs mains pour montrer leur bonne foi. Le jeu du marchandage est un rituel plus qu’une nécessité économique.
A l’écart, on trouve le parc aux dromadaires, où, en général, les bêtes sont pouilleuses et mal fichues. Celui qui cherche la bête de race doit s’enfoncer dans le désert et prouver au vendeur qu’il fera honneur à la qualité de l’animal. Ici, ce sont des animaux de travail. Parfois on peut voir des chevaux, nerveux, maigres, mal soignés, vendus là pour servir à l’image d’un chef de village ou au descendant d’une lignée. Peu importe la beauté du canasson. C’est un cheval, cela suffit à grandir le propriétaire.
Et puis, plus loin, dans les rues voisines, les boutiques des commerçants haoussas. Prétentieux, regardant le chaland avec la hauteur de ceux qui possèdent. Ils disposent d’eau minérale en bouteilles, de sucre en morceaux Beghin-Say, de boîtes de lait Gloria et de cubes Maggi, de caisses de thé vert venues de Chine, de « Vache qui rit » parfois. Produits exotiques s’il en est.
Chacun se mesure à ce qu’il croit pouvoir acheter et montrer. Le paraître, toujours, surtout lorsqu’on n’a rien…
vendredi 4 avril 2008
Exposition sur la photographie du 2 au 11 avril au CDI
Le photographe étampois Julien Rameau a créé une exposition sur l'histoire de la photographie qu'il met à la disposition des lycéens et étudiants du lycée Robert Doisneau. A travers 6 panneaux, les procédés et techniques de la photographie, découverts tout au long du XIXème siècle, sont mis en évidence. L'histoire de cet art est longue et il est le fruit d'une succession de connaissances diverses (chimiques, physiques, optiques...). mercredi 26 mars 2008
Mardi 25 mars 2008 : Les "Mardis de Doisneau" à la préfecture de l'Essonne

mardi 25 mars 2008
Semaine de la presse au CDI 17-22 mars 2008
Par ailleurs des classes sont venues travailler au CDI avec leurs professeurs (français, lettres-histoire) et les professeurs documentalistes.
- les 202 : à partir d'un questionnaire les élèves ont découvert les spécificités d'un magazine ou d'une revue. Ils ont également travaillé sur la comparaison des unes de plusieurs journaux d'un même jour afin de percevoir la pluralité de la presse et de définir la ligne éditoriale propre à chaque organe de presse.
- Les BTS AD 1: ont également travaillé sur la comparaison des unes de journaux d'une même journée.
- Les TCG : Une approche de la presse en général.
Tout au long de l'année, en ECJS un professeur d'histoire-géographie et un professeur documentaliste ont réalisé une séquence sur la presse avec trois classes.
- 1S2 ET 1S3: travail sur la une;lors de la semaine de la presse les élèves ont comparé la une papier avec la une d'un JT ou d'un journal radiophonique (en podcast) et réaliser un exposé.
- 214: travail sur le traitement d'un événement dans la presse. Lors de la semaine de la presse les élèves ont analysé la structure d'un article de presse (maquette, faits, commentaires) et recherché 2 articles sur Europresse par rapport à un fait d'actualité (les élections, les jeux olympiques, l'indépendance du Kosovo).
A.B et S.J
vendredi 21 mars 2008
Les mardis de Doisneau
mercredi 19 mars 2008
Prix inter-lycées
Ce concours est organisé chaque année par les professeurs documentalistes de 5 lycées du secteur (Evry, Courcouronnes, Mennecy). Il s'agit d'un concours de lecture ciblé sur les qualités de communication des élèves.
Les élèves ont lu au cours de l'année 3 livres (romans, BD, témoignages...) parmi une sélection.
Au cours de deux demi-finales chaque élève a fait la présentation de son livre "coup de coeur". La classe a voter pour 11 finalistes.
La finale a eu lieu le 22 février au CDI pour élire les 3 meilleures prestations pour représenter l'établissement. Le jury était composé des élèves de la classe, de leurs professeurs de français et de SVT, et de deux professeurs documentalistes.
Les finalistes, Tomoko Y., Louisa G. et Rudie D., ont convaincu le jury par la présentation originale et personnelle de leur lecture.
Elle se sont rendues au lycée G. Brassens de Courcouronnes pour filmer la présentation de leur livre où elles se sont démarquées par la qualité de leur prestation.
La classe visionnera enfin le film des passages des élèves des différents établissements afin d'élire le meilleur.
samedi 15 mars 2008
Exposition sur la biodiversité
Semaine de la presse au CDI à partir de lundi 17 mars

La presse fête sa semaine au mois de mars, comme tous les ans. Des classes travaillent déjà avec leur professeur et nos collègues Sandrine Joubin et Audrey Borg sur ce sujet.
Chapitre 4 : De l’Islam, une pratique paisible et simple
Plus tard j’avais pu gravir l’escalier étroit de la tour et déboucher sur le trou d’homme qui sert de garde corps, tout en haut. Le maillage serré des quartiers s’étendait autour, ocre, horizontal, et sur l’horizon se détachaient la ligne plus sombre des palmeraies d’Azel et les contreforts de l’Aïr. Le palais du sultan, à trois étages pourtant, semblait enfoui dans le labyrinthe des cases, des ruelles et des cours de concessions.
Dans les salles basses, contrebutées d’énormes piliers en terre j’avais pu converser avec les « anciens » des quartiers. Nous parlions de la conservation et de la transmission de l’histoire d’Agadez, récemment inscrite au Patrimoine mondial. Les enjeux étaient sans doute importants pour ces chefs de communautés, qui décelaient l’engouement touristique des populations du « nord », mais leur parole était mesurée, l’écoute attentive. Je tentais de saisir l’essentiel de l’échange, sans tout comprendre de ce que le traducteur disait, mais ému de leur confiance et de leur retenue, dans ce le lieu saint qui nous invitait à dire « vrai ». Adossés aux murs colossaux, la fraîcheur et l’ombre facilitaient la méditation. Nous étions pieds nus sur un sable très fin. Près de la voûte, un lucarneau ouvrait sur un ciel bleu de prusse.
Plus tard encore, dans la vieille ville je m’étais assis près d’un groupe d’enfants qui récitaient des sourates à toute allure en déchiffrant des tablettes aux caractères estompés.
La plupart de ces élèves quitteront l’école coranique en sachant réciter un certain nombre de passages du livre Saint. Ils auront aussi appris à lire l’arabe, mais resteront incapables de l’écrire. Dans un pays où les langues sont multiples (Haoussa, Tamachek, Zerma, Foufouldé…) le Coran est appris, en arabe, de manière mnémotechnique et mécanique. Dès lors on peut s’interroger sur la compréhension du dogme ….Là le maître était sévère et agitait une baguette qui sifflait dans l’air à la moindre faute. Les passants se pressaient. Le bourdonnement des prières se faisait plus fort.
A un autre moment j’avais rencontré du côté de Filingué (ouest du Niger) un groupe de Soufis, rassemblés pour un deuil. Ils m’avaient emmené dans un campement proche et avaient sorti leurs livres et leur généalogie, qui, disaient-ils, remontait jusqu’au prophète. Leurs yeux brillaient en portant de grands livres imprimés, reliés de cuir et ficelés en croix avec des lanières de cuir.
Toute la famille s’était regroupée et insistait pour feuilleter les pages. Dans le paysage de brousse herbeuse, ouverte au grand soleil, la société du livre faisait irruption. Beaucoup de noblesse dans la prise de parole et le jeu des questions-réponses. Les enfants étaient collés contre leurs pères et écoutaient, les yeux étincelants, cette rencontre d’adultes autour des ouvrages anciens sur lesquels ils reconnaissaient les lettres de l’alphabet arabe…
Le soufisme représente la dimension mystique de l’Islam (la vraie connaissance religieuse est obtenue par une expérience personnelle, aboutissant à une union momentanée avec Dieu) et l’une des plus importantes traditions de l’ésotérisme musulman. Selon la tradition, les ancêtres spirituels du soufisme se trouvaient parmi les Compagnons de Mahomet.
L’Islam, pour moi, c’était aussi Niamey, aux heures de fin de nuit et en fin d’après-midi. Je m’arrêtais dans mes tâches pour écouter le muezzin du quartier de Château I, magnifique chanteur dont la seule voix apportait la certitude de débuter et de finir le jour en toute quiétude. La ligne mélodique du chant se déployait sans rupture sur tout le quartier, devenu soudain plus calme, attentif à l’appel.
Je passais aussi parfois devant la grande mosquée, au dôme de tuiles vernissées et vertes, devant laquelle s’étendait une vaste esplanade. Le vendredi des centaines de fidèles venaient y prier. Tout à coup c’était comme une bulle de silence sur la ville. La circulation devenait lointaine. Les appels à la prière rayaient le ciel embrumé de poussière de sable. Rose comme de coutume.
En pays Songhay, ce sont les petits édifices qui bordent la piste qui attirent l’œil. Cubes de banco surmontés d’un pan de mur un peu plus haut que les autres, armé d’un croissant et d’une étoile peints en jaune, ou en vert et blanc. D’évidence les salles de prière ne sont pas assez vastes pour accueillir tous les fidèles et l’espace proche est balayé, délimité par des troncs d’arbre ou des pierres. On y dépose des nattes et de vieux tapis. Sur les façades un bandeau vert souligne l’existence du lieu de prière.
Pour tout le monde, les Songhay paraissent entièrement islamisés : leurs vêtements, leur droit, l’organisation des journées sont soumis aux règles de l’Islam. Les hommes qui ne se soumettent pas aux cinq prières de la journée sont rares. On y observe le jeune du Ramadan, le sacrifice du mouton à la Tabaski. On traite avec respect les quelques El Hadj qui ont fait le pèlerinage à La Mecque.
Pourtant, l’Islam n’est qu’une conviction plus ou moins profonde. Jean Rouch écrit que « depuis le XI ème siècle, date probable de la première « conversion » des Songhay, l’Islam s’est heurté à cette faculté d’assimilation et de fidélité aux coutumes qui est le trait caractéristique de la mentalité Songhay : il a moins effacé les anciennes croyances qu’il ne leur a apporté d’éléments nouveaux ». Cependant l’apport de l’Islam est incontestable : l’ancien testament, la philosophie orientale et les éléments de l’occultisme arabe. Si les musulmans orthodoxes ou traditionalistes sont une minorité, la métaphysique Songhay a été profondément marquée par l’Islam. Sans doute les Songhay sont-ils plus préoccupés du temporel que de l’éternel, de leur vie de tous les jours que de leur existence dans l’au-delà.
L’Islam fournit aisément l’assurance de la béatitude éternelle : il suffit de prier régulièrement, de jeûner et de respecter quelques rites (baptême, mariage, enterrement), pour devenir un élu, un alzana. Mais en dehors de cela les hommes s’adressent pour les affaires quotidiennes à des esprits, des divinités ou des principes plus accessibles. Dieu est le créateur du monde, c’est « le maître » et, de ce fait, hors d’atteinte. Il est plus simple de traiter avec les Zin (djinn) qui résident, invisibles, dans un certain nombre d’endroits remarquables (arbre, rocher, montagne, rivière…). La tradition demande aussi d’appeler les génies (Holey), véritables « moniteurs » de la terre, des eaux et du ciel, pour régler les petits différends des hommes, plutôt que déranger le Tout Puissant…
Lorsqu’on marche en brousse, il n’est pas rare de découvrir, dans les endroits les plus reculés ou les plus déserts de petits quadrilatères entourés de cailloux et bien nettoyés des brindilles ou des débris apportés par le vent. Une encoche dans le dessin évoque le mirhab, petite niche qui indique la direction de la Mecque. Définition humble et nue d’un domaine de foi et de prière, anonyme, loin de tout, et tellement sincère.
A l’heure de la prière, les hommes s’arrêtent, font leurs ablutions –avec du sable propre lorsque l’eau est trop rare- et vont prier un peu à l’écart, avec une grande concentration.
Dans ce pays la pratique de l’Islam est paisible, aisée et simple.

