mercredi 4 avril 2012

Que se passe-t-il dans notre cerveau lorsque nous prenons une décision?

Mardi 3 avril, les professeurs de philosophie du lycée souhaitaient avoir le point de vue d'une neurobiologiste pour éclairer le débat autour du "libre-arbitre". 
Le défi a été relevé par Sylvie Granon, enseignant-chercheur à Paris Sud, Docteur en neurobiologie pour un "mardi de Doisneau" absolument passionnant sur notre cerveau. Trois classes de terminales scientifiques et littéraires ont partagé ce moment de culture, dans lequel les sciences nous ont paru particulièrement proches. 
Notre professeur du jour nous a décrit un certain nombre d'expériences faites sur les souris, les singes et même les hommes illustrant ce qui se passe dans le cerveau lors de la prise d'une décision. Ainsi  sont mises en place très simplement des connaissances sur les zones du cerveau, leur fonction, et notamment l'importance du cortex frontal, sur le circuit de récompense, sur la plasticité du cerveau et l'activité neuronale, qui contrairement aux idées reçues, se poursuit toute la vie. Les techniques d'imagerie venant à l'appui de la démonstration, ont fort bien illustré les désastres irréversibles provoqués par la consommation des drogues par exemple.
Les images du cerveau à différents âges a été un moment important, le "câblage " n'est en effet définitif que vers l'âge de 21 ans. Avant cet âge, personne ne dispose de toutes les capacités physiques à décider . Cela interroge les éducateurs, on peut se poser la question de la majorité et de la responsabilité de personnes ne disposant pas vraiment de tous les moyens pour assumer des choix... Le libre-arbitre ne peut s'exercer que dans un contexte socialement et juridiquement contraint. Il semble alors important d'intégrer la notion de ces limites physiques apportées par les découvertes des neurosciences. "Connais-toi toi-même", dit la célèbre inscription sur un temple grec, il semblerait que bien connaître son corps, son cerveau, comment le préserver, ne pas lui nuire, l'aider à mieux penser, puisse être la clé de la liberté et d'une sagesse toute moderne.

Michèle Dégardin

vendredi 23 mars 2012

Jeudi 22 mars: Violette Silberstein nous raconte l'orchestre d'Auschwitz


Violette a 14 ans en 1939 au Havre, quand commence la guerre. C'est la fin des études. Elle nous déclare: "j'ai un bac-4, car je n'ai jamais eu l'occasion de faire une troisième!"
Elle nous raconte sa vie agréable en Normandie avec ses parents. Elle a pu voir le départ du Normandie, le Havre c'était le départ de la "ligne" pour New York. La guerre ce sont les bombardements qui frappent durement la nuit une ville importante. Il a fallu se résoudre à partir pour Paris, rue d'Alésia. Elle nous raconte la mise en place des restrictions des libertés et des humiliations pour les juifs: rendre les cartes d'identité, et recevoir des cartes d'identité "d'apatrides", les étoiles jaunes sur les vêtements....Jusqu'à ce que cela devienne tellement insupportable et oblige toute la famille à partir pour Lille, comme des clandestins, sans bons d'alimentation, avec le recours au marché noir. Puis c'est la dénonciation, probablement le type du marché noir, soudoyé par les Allemands, le 1er juillet 1943. C'est l'internement dans la prison de Loos, puis dans celle de Saint Gilles de Bruxelles et enfin le camp de Malines. Le 31 juillet 1943, ils sont entre 80 et 100 dans ce wagon, qui ne peuvent s'asseoir qu'à tour de rôle, avec un seau...les odeurs "on ne peut pas raconter", "personne ne savait où on allait".... "on ne pouvait imaginer que le travail forcé, l'usine". Le 2 août c'est l'arrivée à Auschwitz. Pas  de cris, pas de chiens, les hommes sont séparés des femmes, ils présentent leur paume aux soldats qui les trient, "pour voir qui est un travailleur manuel"... Violette voit son père pour la dernière fois, elle n'a jamais su ce qui lui était arrivé. Sa mère embarque dans un camion, elle laisse sa place, car elle "peut marcher" pour aller dans le camp. Une inquiétude se fait jour, lorsqu'elle se rend compte que la distance séparant le quai et le camp n'est pas si importante que cela, et n'aura de cesse de questionner pour savoir "où sont parties les femmes qui étaient dans le camion". C'est au moment du tatouage, où elle découvre le matricule qui va l'accompagner toute sa vie durant: 51937, qu'elle obtient sa réponse, on lui montre alors les deux cheminées non loin, qui crachent une épaisse fumée blanche..... Au bout de 3h de vie dans ce camp, Violette sait tout de ce qui s'y passe. Beaucoup , nous dit-elle, ont mis plus de temps à s'en rendre compte, car c'est tout de même "incroyable". Elle évoque la quarantaine avant de passer du camp A au camp B, le comptage permanent, les morts et les malades étant amenés à l'appel pour que le compte tombe juste....c'est à l'occasion d'un défilé dans le camp qu'elle découvre l'existence d'un orchestre. Elle entre dans l'orchestre grâce à la pression amicale de ses camarades, car elle trouvait complètement incongrue l'idée de jouer de la musique dans un lieu pareil. Juste pour la survie et surtout pas en raison de son talent. La chef d'orchestre, Alma,  qui n'est autre que la nièce de Gustav Mahler, lui confirme ce qu'elle savait déjà, elle n'était pas très douée pour le violon, mais elle est recrutée quand même dans cet orchestre. Les musiciennes bénéficient d'un quotidien plus confortable, un lit avec drap et couverture, des chaussures au lieu des galoches qui blessent cruellement les pieds, une nourriture améliorée, la possibilité de se laver. Elles se considèrent comme des "privilégiés". Violette nous raconte les poux et le typhus, la faim et les sélections du docteur Mengele. Elle échappe encore à la mort.... "Faire le pitre" pour lutter contre le désespoir. La vengeance des poux, les Allemands attrapant le typhus mouraient plus vite que les déportés.
Le 31 octobre 1944, devant l'avancée des troupes soviétiques, Violette fait partie d'un convoi vers Bergen Belsen, le même convoi que Simone Veil, a-t-elle appris bien plus tard. Le camp est libéré le 15 avril 1944, Anne Franck vient de mourir. Le retour en France est difficile, on ne peut pas dire que les déportés ont été "accueillis", elle nous raconte l'interrogatoire à l'hôtel Lutécia. ...Alma la musicienne est morte au camp, aussi bizarre que cela puisse paraitre, les Allemands qui vénéraient la musique, lui ont dressé un catafalque et ont organisé une vraie cérémonie de funéraille.

Michèle Dégardin

mardi 20 mars 2012

Sylvain Gouz, grand témoin pour le Mardi de Doisneau de la semaine de la presse et des médias


La riche carrière de Sylvain Gouz depuis 1970 a embrassé toutes les possibilités offertes à un journaliste. De la presse écrite: Combat, le Quotidien de Paris, à la radio: RTL, puis à la télévision: TFI, France 3, LCI.....
Elle a servi de point de départ au questionnement des élèves sur ce métier passionnant et aux multiples facettes.
De plus en plus, les filières pour devenir journaliste sont sélectives et exigeantes sur le niveau d'études, que ce soit l'école de journalisme de Sciences Po Paris après une licence, le CFJ de Paris, le CFJ de Lilles et d'autres formations de Bordeaux par ex.  Le type de licence à préparer en vue de faire des études de journalisme doit être au minimum en relation avec le métier: des licences de sciences politiques, d'économie ou de langues vivantes par exemple.
Pour émerger chaque futur journaliste doit se démarquer par une compétence spécifique pour faire de lui quelqu'un de recherché:  maîtriser une langue  comme le Mandarin, ou bien le fait d'être capable d'expliquer des phénomènes scientifiques compliqués pour les mettre à la portée de tous.
Le métier est lui même difficile, beaucoup n'ont pas de travail ou sont pigistes. Les télévisions recrutent peu. Deux journaux ont disparu en ce début de 2012, France Soir et la Tribune. le contexte est complètement modifié par l'irruption des supports numériques.
Toutefois c'est un métier passionnant, qui requiert des qualités d'écoute, de curiosité et une capacité certaine à raconter des histoires. On ne fait pas vraiment ce métier pour faire fortune. Plus on acquiert d'expérience, plus on obtient de responsabilités qui vous éloignent du coeur du métier. Un rédacteur en chef est plus un manager d'équipe qu'un reporter. Or c'est vraiment dans le reportage que réside la noblesse de la profession. Il est important de faire un travail de journaliste même dans les pires situations comme les pays en guerre, l'actualité récente témoigne des risques pris par les journalistes dans les évènements en Syrie....
Sylvain Gouz tord le cou à quelques réprésentations. La censure dans la presse en France, certaines fonctions prestigieuses mais ennuyeuses. .....Il s'est toujours senti libre d'écrire à Combat et au Quotidien de Paris sous la direction de Philippe Tesson. L'information à la télévision française est bizarrement assez inodore et sans couleur politique, contrairement à certaines télévisions étrangères, ou dans la presse écrite.  Ainsi, on peut facilement passer de TFI à France Télévision ou l'inverse.
Le poste le plus intéressant n'est pas forcément celui du présentateur vedette, qui a finalement peu d'initiatives, même s'il est bien plus reconnu dans la rue....La télévision ment-elle? Les images filmées par des téléphones portables sont-elles de bonnes sources? toutes ces questions font l'objet de réponses qui amènent à la  règle fondamentale du journalisme:  la vérification des sources...
Sylvain Gouz est à présent un retraité actif qui enseigne  le journalisme à Sciences Po ou dans des séminaires de formation, et qui a renoué avec l'écrit dans un blog économique publié sur Rue 89:
http://blogs.rue89.com/sylvain-gouz

Michèle Dégardin

Projet Jeunes pour l'égalité: Tirage des affiches

C'est sous le soleil que les élèves de l'atelier "Sérigraphie" ont présenté dans la cour du lycée leurs affiches sur la thématique de la lutte contre les discriminations sexistes et les violences sexuelles. Nos partenaires de l'atelier, la Parole Errante, étaient également présents pour assurer un tirage en direct des affiches.


Encadrées d'une graphiste et de Madame Desjardins de l'association La Parole Errante (partenaire du projet) les élèves ont élaboré 2 affiches, l'une sur les standards de beauté en fonction des époques et l'autre sur les représentations de la femme à travers les différentes religions.    

De nombreux élèves se sont arrêtés pour échanger sur les affiches et sur les techniques (graphisme, tirage....).

Les impressions du public ainsi que celles des réalisatrices des affiches ont été recueillies par les membres de l'atelier radio.

Les affiches sont encore visibles au CDI.
S.J. 

samedi 11 février 2012

Samedi 4 février, journée du livre politique

Comme tous les ans, les élèves de l'atelier de sciences politiques se sont rendus à l'Assemblée Nationale ce samedi 4 février pour la journée du livre politique. le thème de cette journée: "éthique et politique". de nombreux invités tous prestigieux ont débattu au cours de 4 tables-rondes sur la nécessité de mettre l'éthique au coeur du projet politique, que ce soit dans le financement des campagnes électorales, le non- cumul des mandats. Le sondage IPSOS, est à cet égard plutôt inquiétant et constate une fracture entre les élites et les citoyens. Dans ce climat de défiance, et de discrédit de la classe politique, le prix du livre politique et le prix des députés a été remis à Dominique Reynié, politologue et professeur à Sciences Po, pour un très intéressant essai portant sur la récupération des mécontentements  par des partis extrêmes: populismes: la pente fatale. En effet, avec la crise économique, les populismes prospèrent en Europe et pas seulement en France. Un essai à lire d'urgence!
Un prix spécial a été décerné à Michèle Cotta pour l'ensemble de son oeuvre sur le Vème République, à l'occasion de la sortie du quatrième tome de ses petites chroniques.

le programme de cette journée:

10h30 Débat : « Citoyenneté : nouveaux droits, nouveaux devoirs. Faut-il vraiment s’indigner ? »*
             animé par Michèle Cottaéditorialiste, essayiste.



11h15 Débat : « Quelle place pour l’éthique en politique ? »*
             animé par  Elisabeth Chaveletrédactrice en chef de Paris Match


14h30 Débat : « Comment garantir les principes de l’éthique ? »*
             animé par Françoise Fressozéditorialiste, Le Monde

Avec : 
Guy Carcassonne, 
professeur de droit public de l’Université Paris Ouest Nanterre La Défense
Mireille Delmas Marty, 
juriste, professeur au Collège de France, membre de l’Académie des Sciences morales et politiques
Jacques Gicquel, 
professeur émérite de droit public à l’Université Paris I Panthéon-Sorbonne, déontologue de l’Assemblée Nationale
Axel Kahn, 
médecin généticien, directeur de recherche à l’INSERM, président de l’Université Paris Descartes

15h30 Débat : « Ethique et Populisme sont-ils compatibles ? » *
             animé par  Arlette Chabot, Directrice de la rédaction d’Europe 1

Le livre de Dominique Reynié ainsi que tous les ouvrages finalistes du Prix du livre politique et du prix des députés sont disponibles au CDI.

Pour aller plus loin:
  • le site de Lire la société:

http://www.lirelapolitique.com/2-lire-la-politique
  • Le compte facebook de l'atelier de Sciences politiques du lycée:

http://www.facebook.com/atelier.s.po
  • Le site de France 5, en particulier , l'émission du mardi 7 février sur les livres politiques

http://www.france5.fr/c-dans-l-air/politique-interieure/politique-les-ecrits-restent-35435

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mardi 17 janvier 2012

Les "cordées" à l'honneur au CDI du lycée: visite de deux ministres

Mardi 17 janvier, la visite de deux ministres: Laurent Wauquiez , ministre de l'enseignement supérieur, et de Maurice Leroy, ministre de la ville a inauguré la semaine nationale des "cordées de la réussite". 












Après un exposé de Mme Piniau et de Laurent Baratier en salle Isnard, sur les dispositifs d'accompagnement mis en oeuvre au lycée, les ministres, et de nombreux officiels dont Monsieur le Recteur,  se sont rendus au CDI  pour rencontrer des élèves et les représentants des grandes écoles partenaires de l'établissement. Ils les ont trouvés au travail lors d'une séance de tutorat un peu exceptionnelle, exactement comme cela se passe tous les mercredis après-midi au lycée.

D'anciens élèves du lycée, actuellement à Sciences Po Paris en première et en seconde année, étaient également présents pour témoigner de leur parcours scolaire, et de l'importance de l'atelier de Sciences Politiques du lycée dans leur réussite. Ils ont ensuite rejoint le groupe des élèves de Terminale pour partager leur expérience. La "convention éducation prioritaire" n'est pas à proprement parlé une cordée, mais elle a contribué à l'intégration de près de vingt élèves du lycée dans une grande école. Marion, l'une des trois jeunes présents ce  mardi, a même fait partie du programme développé par l'école polytechnique au lycée: "une grande école pourquoi pas moi?"de la seconde à la Terminale, tout en suivant à partir de la première la préparation au concours CEP Sciences Po, un investissement en terme de temps de travail très important qu'elle ne regrette pas actuellement.
Michèle Dégardin

mardi 10 janvier 2012

Conférence de Luc Ferry le mardi 10 janvier 2012: philosophie et religion



Devant 4 classes de Terminale et leurs professeurs de philosophie Luc Ferry démarre son exposé par une question:
Qu'est-ce qu'une bonne vie pour un mortel?
 A cela, fait-il remarquer,  la philosophie et la religion répondent différemment, suit  un exposé illustré de petites anecdotes dont une relecture complète de l'Iliade, et de l'Odyssée, racontée avec talent, jusqu'au moment où Ulysse refuse la proposition de Calypso, celle de la jeunesse et de l'immortalité. Ulysse affirmant qu'une bonne vie pour un mortel pouvant se passer de l'immortalité, chose promise par la plupart des religions à leurs fidèles.C'est toute l'histoire de la philosophie que ce thème permet aussi d'évoquer avec ce questionnement.....
 Qu'est-ce qu'un sage? c'est peut-être celui qui arrive à dépasser ses peurs...
Une évocation qui donne envie de lire tous les auteurs cités: Montaigne, Homère et beaucoup d'autres. Luc Ferry se prête volontiers avant de nous quitter , au jeu de l'interview des élèves de 1LES3 qui finalisent ainsi leur TPE.



vendredi 2 décembre 2011

"Fais ce que voudras"...Le compositeur Jean Françaix revisite Rabelais


Extraordinaire journée au lycée ce vendredi 2 décembre autour d’un concert classique!

Au programme , Les inestimables chroniques du bon géant Gargantua, de Jean Françaix, par le Paris Mozart Orchestra, dirigé par Claire Gibault, avec, dans le rôle du récitant, Eric Génovèse de la Comédie Française. Et ce n'est pas tout, ce concert prévoit aussi deux autres petites pièces de Bach et de Glück, ainsi qu’un madrigal de la Renaissance 

L’orchestre composé uniquement d’instruments à cordes (violons, altos, violoncelles et une contrebasse) a été accueilli dans des locaux, pas vraiment prévus pour un concert. Le matin, répétition générale, l’occasion pour les musiciens de tester l’accoustique de la salle, et de rencontrer les élèves des classes de 2nde4, Terminale L2 et de la classe préparatoire ATS. Les filles de Terminale L2 ont pu répéter avec les musiciens un madrigal  Tant que vivray  écrit par Clément Marot mis en musique par Claudin de Sermisy, un texte sur lequel elles travaillaient depuis quelques semaines avec leur professeur de littérature, Dominique Pulicani.

Claire Gibault a su rendre ce moment de répétition très pédagogique en nous racontant la musique : que signifie BWV* avec un numéro lorsqu’on parle d’une œuvre de Bach, comment Jean Françaix a écrit pour la contrebasse le moment où le récitant dit que Picrochole se fait battre par sa femme. Comment rendre une musique « orientale »…informations sur les cordes, leur vibration, introduction à la notion de mesures, comment écrire musicalement une chevauchée, la guerre. Chacun des musiciens et son instrument est ainsi présenté. On peut aussi remarquer leur complicité dans cette aventure et leur bonheur de jouer.

L’après-midi changement d’ambiance, les salles « vidéos » du lycée sont converties en loges improvisées, les musiciens et le récitant arrivent en costumes noirs pour une représentation à 14h. L’orchestre et Eric Génovèse déroulent l’histoire de Gargantua depuis la généalogie des géants, la naissance et l’éducation de Gargantua, la guerre "Picrocholine" et l’utopie de l'abbaye de Thélème. Jean Françaix nous fait revisiter Rabelais pendant une heure. Eric Génovèse interprète le texte et restitue avec un bonheur sensible, la musicalité du verbe et l’humour truculent du grand écrivain humaniste.

Un très grand moment, suivi d’une « standing ovation ». Nos élèves ont grandi, ils ont découvert un art à mille lieues de leur univers. Certaines l’ont pratiqué et sont tout étonnées d’avoir surmonté leur peur de chanter en public, encouragées par leurs professeurs et par les élèves présents, sous la direction chaleureuse de Claire Gibault, accompagnées par d’excellents musiciens, sous le regard bienveillant d’Eric Génovèse. Leur prestation de l’après-midi est encore meilleure qu’à la répétition. C’est pour elles, une petite victoire collective.

Prochain rendez-vous au Conseil Economique et Social le 30 mars pour un concert et une rencontre avec Jean-Paul Delevoye, son Président,  avec l’atelier de Sciences Politiques du lycée. Claire évoque un prochain projet à partager avec des lycéens, sur un texte de Amos Oz Soudain dans la forêt profonde, oeuvre sur laquelle le musicien Fabio Vacchi a écrit un "mélologue" . Un auteur et un compositeur à découvrir. C’est sûr on se reverra souvent pour d’autres découvertes musicales!

Michèle Dégardin


*BWV= Bach Werke Verzeichnis = catalogue des oeuvres de Bach




















vendredi 18 novembre 2011

"La Terre n'appartient pas à l'homme..."Jean-Marie Le Clézio et Rita Mestokosho au lycée vendredi 18 novembre

      Nous avons eu le grand honneur d'accueillir au lycée en toute simplicité ce vendredi 18 novembre, l'écrivain et prix Nobel de littérature, Jean-Marie Le Clézio accompagné de la poétesse innue Rita Mestokosho. Ils se sont rencontrés lors d'un évènement rassemblant des écrivains  originaires des premières Nations de l'Amérique, il y quelques années à Montréal.

 C'est à Rita que revient l'honneur d'ouvrir la séance, elle nous parle de son peuple, des chasseurs de Caribous et des pêcheurs de saumons, 15000 âmes au Nord du Saint Laurent de l'autre côté de l'Atlantique au Canada, si loin mais si proche de nous, car nous sommes tous enfants de la Terre! 
Elle nous fait entendre le battement du coeur de "notre mère la Terre" avec le son du tambour et son chant venu du fond des âges. Elle nous parle des esprits qui selon sa culture, habitent chacun d'entre nous, les animaux, les lieux et les objets. Elle nous invite à redécouvrir la sensation du vent sur notre visage, à aimer la vie, d' être fiers de nos racines, d'être heureux, et de marcher sur le bon chemin. Rita nous lit dans sa langue, puis en français un poème écrit "pour ceux qui vont mal".
Jean-Marie Le Clézio poursuit avec la lecture d'un discours attribué  au chef Seattle,  dont le nom a été donné à la célèbre ville des Etats-Unis:

"Comment pouvez-vous acheter ou vendre le ciel, la chaleur de la terre ?
L'idée nous paraît étrange. Si nous ne possédons pas la fraîcheur de l'air et le miroitement de l'eau, comment est-ce que vous pouvez les acheter ?".
Par delà le temps, le message de ce grand chef, même si l'on peut douter de l'authenticité du texte en question,  est toujours d'actualité lorsqu'est prophétisé que nous "allons tous mourir dans nos propres déchets".
"Vous considérez-vous comme un passeur de culture? " demande l'un de nos élèves.  Jean Marie-Le Clézio répond que nous sommes tous passeurs de culture, car nous venons bien de quelque part, et que nous avons quelque chose à transmettre. Oui,  il se considère ainsi, il écrit pour transmettre ce qu'il a reçu. Il est à la fois français et mauricien, et il ne se définit  pas comme voyageur puisque partout où il  s'installe c'est pour travailler et non faire du tourisme: l'Angleterre, les Etats-Unis le Mexique.... Le voyage qui l'a marqué le plus est incontestablement celui qui l'a amené à l'âge de sept ans en Afrique pour rencontrer son père qu'il ne connaissait pas. Jusqu'à Port Arthur, il conserve la mémoire encore très vive de toutes les étapes de ce voyage.
Jean-Marie Le Clézio évoque également son art d'écrivain. C'est instinctif, une seconde nature, il appartient à la grande famille des "conteurs d'histoire". Il écrivait en classe déjà lorsqu'il s'ennuyait en cours au lycée. Il évoque le talent des femmes de sa famille, l'une qui écrivait, l'autre qui contait avec bonheur. Sa façon à lui de nous transmettre un message, c'est au travers de fictions qui contiennent tellement de réalités vues, entendues, transmises. Dans Désert, il y a beaucoup de son épouse et de la famille de cette dernière. Le livre qu'il préfère de ceux qu'il a publié?...Là il nous fait part de sa préférence pour un recueil d'essais sur les peuples amérindiens paru en 1997 La fête chantée. Ce qu'il a le sentiment d'avoir le mieux réussi dans sa vie? sans la moindre hésitation, il répond que ce sont ses trois filles. L'une d'elles est présente au milieu des lycéens.
Le prix Nobel, c'est une récompense importante, il convient de remercier son entourage ceux qui ont encouragé, ceux qui ont soutenu. C'est une reconnaissance internationale qui permet d'avoir une parole entendue. En effet, c'est sur le dialogue entre les cultures que Jean Marie Le Clézio termine son intervention, avant de nous quitter pour aller la semaine prochaine en Corée très loin des Tarterêts .
Le temps s'était arrêté, un moment magique s'est achevé, des élèves émus viennent échanger avec Rita Mestokosho et Jean-Marie Le Clézio avant leur départ.
Michèle Dégardin

  • Pour en savoir plus sur la culture innue

http://www.nametauinnu.ca/fr/visite

  • la page facebook de Rita:

http://fr-fr.facebook.com/pages/Comment-je-perçois-la-vie-grand-mère-Poèmes-de-Rita-Mestokosho/111828735512696
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mardi 15 novembre 2011

La direction d'orchestre par Claire Gibault

Mardi 15 novembre en salle Isnard, nous avons accueilli une conférence de Claire Gibault chef d'orchestre du Paris Mozart Orchestra pour une initiation à la musique classique et à la Direction d'orchestre.
Cette conférence inaugure un court cycle d'Histoire des Arts qui doit conduire les élèves du lycée présents ce jour-là à un concert classique le 2 décembre. en effet, Claire Gibault revient avec un orchestre de cordes de 11 musiciens pour jouer au lycée "les inestimables chroniques du bon géant Gargantua" de Jean Françaix, dont on va fêter le centenaire de la naissance en 2012. 

Ce mardi, il a été question de la baguette du chef, attribut du pouvoir, qui prolonge le geste mais qui n'est pas forcément nécessaire, les mains par contre ont une fonction bien définie. La droite, c'est la main de l'autorité celle qui bat la mesure, la gauche, celle de la sensibilité. Si Claire Gibault a très jeune appris le violon et le piano, il n'est nécessaire à un chef d'orchestre de savoir jouer de tous les instruments , une bonne connaissance de leur possibilité suffit. Claire Gibault compare son rôle à celui d'un manager qui doit faire donner le meilleur d'eux-même aux musiciens. C'est un métier qui réconcilie le corps et l'esprit, l'énergie se transmet par le corps et  qui ne peut s'exercer que par passion. Un métier particulièrement masculin et où une femme peut être chef invité, mais rarement directeur musical d'une formation à moins de créer sa propre entreprise, son propre orchestre.
D'abord très silencieux et un peu perplexes devant un univers "étrange", les élèves se sont un peu  déridés pour évoquer des questions sur la liberté d'interprétation , est-ce que tout n'est pas écrit dans ces étranges signes que sont les partitions , certaines circulaient dans la salle, des partitions de chef avec avec une ligne par instrument. Dans un texte tous les mots sont écrits, et pourtant si nous le lisons à haute voix nous pouvons en respectant chaque mot apporter chacun une interprétation, la musique c'est pareil.
D'autres aspects ont été évoqués comme les tessitures des voix de femmes et d'hommes, la taille des orchestres, le prix des billets et le milieu très particulier des musiciens où la transmission se fait à l'intérieur de dynasties familiales d'un milieu social aisé. Venir au lycée c'est sortir un peu du microcosme des amateurs de musique classique et tenter de gagner un nouveau public et de nouveaux interprètes. 
Michèle Dégardin