mercredi 4 février 2015

Autour d'Orphée, concert du Paris Mozart Orchestra jeudi 22 janvier 2015




Au programme du concert de cette année, Orfeo de Silvia Colasanti, et Six épigraphes antiques de Claude Debussy. Au pupitre, la chef d'orchestre Claire Gibault, les textes dits par la comédienne Suliane Brahim, pensionnaire de la Comédie Française, et vue récemment dans le film "Libre et assoupi."

Le matin, devant un public intéressé, un moment de répétition publique a donné l'occasion à Claire Gibault d'évoquer les œuvres et la spécificité de chaque instrument de l'orchestre. Sur des extraits des Épigraphes Antiques, une œuvre de Debussy datant de 1914, elle montre comment on peut, à l'aide des instruments  évoquer des images ou des impressions, comme la couleur orientale de la musique de l'épigraphe "l’Égyptienne".
Lorsqu'Orphée charme Cerbère avec une lyre, elle explique comment restituer le son de la lyre avec d'autres instruments.
L'ensemble de percussions composé d'un vibraphone, de cymbales, de toms, d'un gong, un carillon une plaque à tonnerre, une grosse caisse, un bâton de pluie, une paire de crotales, était très impressionnant. Cécile, la percussioniste aura aussi l'occasion d'expliquer ses instruments à son public d'élèves curieux, venu exprès à la fin de la répétition, demander des précisions supplémentaires.

Dans le mythe, Orphée obtient le droit de sortir Eurydice des Enfers, en marchant devant elle sur un petit chemin étroit et escarpé. Malgré l'interdiction, il se retourne vers elle et la perd. Une musicienne placée derrière le public fait entendre quelques notes avec son cor, pour obliger le public à se retourner comme Orphée.

La récitante Suliane Brahim


L'après-midi, le public est revenu pour assister au concert. Les musiciens, tout de noir vêtus, ont joué les œuvres expliquées le matin même. Au mur, le visuel préparé par des élèves de seconde en option audiovisuelle. Et à la voix, sur le texte d'Ovide, une comédienne charismatique qui rendrait passionnant n'importe quel texte,  jusqu'à une liste de courses.
Le choeur du lycée dirigée par Corine Campenon et Sylvain Follot, a ensuite donné de la voix avec la chanson d'Orphée de la musique du film Orfeu Negro, brillamment accompagné par les musiciens de l'orchestre.


lundi 2 février 2015

Pollen : Comment la palynologie peut nous aider à comprendre les évolutions du climat ?

C'était le dernier mardi de Doisneau avant le déménagement dans les préfabriqués, et ce jour-là nous avons reçu Nathalie Combarieu-Nebout, directrice de recherche en palynologie qui doit elle-même déménager son laboratoire et passer d'un site à Saclay au laboratoire de paléontologie humaine de Paris dépendant du Muséum d'histoire naturelle. Un total hasard

Au programme, les pollens… et surtout les informations qu'ils peuvent nous donner sur l'évolution du climat. Mais dans un premier temps quelques précisions s'imposent.

Pour le profane, les pollens, ça fait éternuer, c'est de la poussière jaune sur les sols, les voitures, les balcons et le linge qui sèche : une vraie calamité printanière… Bref, ce n'est pas agréable du tout.

Plus sérieusement, le mot pollen vient du grec "polliné" qui veut dire poudre ou poussière. Les grains de pollen sont les éléments reproducteurs mâles de la plante. Leur taille varie de 5 à 200 microns. Ils fécondent les étamines, qui sont les éléments femelles de la plante.


Suit un exposé d'histoire géologique et naturelle de la Terre. Il n'y a pas toujours eu des plantes sur notre planète. A l'ère primaire, il y avait un monde gris, puis le monde est devenu vert au Carbonifère, avec l'arrivée des fougères arborescentes et des conifères. Et avec eux les pollens. Au Crétacé, apparaissent les plantes à fleurs et le monde devient alors coloré. 

Pour déterminer les pollens et dresser une typologie, on se fie à leur taille, leur forme, leurs apertures (la zone où germe le tube pollinique), les sculptures de leur enveloppe. Ainsi on détermine la famille, le genre et l'espèce.


Les pollens sont transportés par différents véhicules. Ceux qui sont transportés par des insectes pollinisateurs, comme les abeilles, sont dits entomophiles. Ceux qui peuvent être transportés par l'eau ou par le vent sont dits anémophiles. Une partie des pollens déplacés atteint sa cible mais les autres se déposent sur les fonds sous-marins et les lacs. Ils nous permettent de reconstituer la végétation d'une époque donnée et donc en déduire le climat. On peut ainsi connaitre l'évolution des paysages d'une même zone au cours du temps.


Pour faire des prélèvements, on peut utiliser différentes méthodes : effectuer des carottages, piéger les pollens grâce à des filtres, aller les chercher sur les roches qui affleurent ou à l'aide de bateaux océanographiques.

Les échantillons prélevés sont nettoyés à l'acide. L'acide n'élimine que les boues car les pollens sont particulièrement résistants. On peut procéder alors à leur comptage au microscope. On obtient pour chaque strate un spectre pollinique, et en superposant les spectres polliniques, on obtient un diagramme pollinique.

Notre invitée nous propose ensuite une étude de cas en Méditerranée, exemple intéressant car les gradients thermiques et de précipitations sont importants, avec des contrastes très prononcés entre les étés très secs et les intersaisons très pluvieuses. De plus, c'est une zone menacée par des événements climatiques extrêmes dans une région à densité de population importante et aux ressources en eau parfois menacées.
Grâce à cette étude, on sait qu'il y a 2 580 000 ans, le climat était sec et frais. On peut également reconstituer les cycles récents qui sont différents. Connaitre l'évolution des cycles peut éventuellement permettre d'anticiper des problèmes, des migrations de populations ou des changements de culture agricole.


La palynologie peut aussi nous donner des informations sur la manière dont l'Homme impacte l'environnement avec les cultures, et peut permettre de dresser une cartographie utile des émissions de pollens pour la médecine et la prévention des allergies (réseau RNSA). En agriculture, à l'INRA (Institut National de Recherche Agronomique), on travaille sur la prévision des récoltes, et aussi sur la mélissopalynologie, à savoir la composition des miels et le repérage des polluants dans les miels. Il est à noter que la palynologie n'intervient pas seule et que la multianalyse de tous ces phénomènes complexes faisant intervenir différentes spécialités est indispensable.


 Pour aller plus loin :
- Sur le site Universciences, Delphine Barbier-Pain, également palynologue, présente son travail de recherche.
- Le rôle des abeilles est évidemment très important dans la pollinisation. Pour en savoir plus sur le rôle de ces insectes, vous pouvez trouver au CDI : L'abeille, sentinelle de l'environnement rédigé par Henri Clément et Fabienne Chesnais.

Illustrations :
 - Male pines cones par Martin LaBar. Licence Creative Commons cc by-nc 2.0
 - Le grain de pollen : un outil microscopique. Extrait du diaporama de Nathalie Combarieu-Nebout
 - A happy bee in a crocrus flower pokes his (her ?) head up to say hello to spring par morganglines. Licence Creative Commons  cc by-nc-sa 2.0
 - Pollen par dan.kristiansen. Licence Creative Commons cc by-nc-nd 2.0

vendredi 30 janvier 2015

Vernissage de l'exposition Un corps, une histoire

Mardi 20 janvier, le lycée organisait le vernissage de l'exposition Un corps, une histoire.

Cette exposition a été organisée en partenariat avec la Mairie de Corbeil-Essonnes, qui nous a gracieusement prêtée des œuvres d'art contemporain faisant partie du patrimoine de la ville, et deux classes du lycée. La classe de 1e L1, spécialité histoire des arts, a élaboré la scénographie ainsi qu'un catalogue très complet présentant chacune des œuvres aux visiteurs. La classe de 2 GA2, elle, a pris en charge l'organisation technique et la mise en œuvre du vernissage.


Le catalogue de l'exposition préparée par les 1e L1

Préparation du vernissage par les 2 GA2




L'exposition se découpe en quatre parties :


- Corps féminins, elle-même découpée en trois sous-parties : femmes exhibées, autour de la figure du top-model ; femmes actives, qui interrogent les fonctions traditionnelles des femmes ; corps nus, qui attirent le regard sur la sensualité des courbes.


- Corps dansants, « qui nous emporte dans une valse tourbillonnante d'effervescence et de dynamisme »


- Corps violentés, qui montrent la violence sous différentes formes : destruction du corps, violence subtile, solitude extrême, et même violence dans la conception même du tableau.


- Corps rêvés, qui laissent libre cours à notre imagination







M. Bechter et M. Dassault discutant avec le proviseur
M. Serge Dassault, Sénateur de l'Essonne, M. Jean-Pierre Bechter, Maire de Corbeil-Essonnes, et une partie de l'équipe municipale, ont été accueillis lors du vernissage. M. Thierry Campenon, proviseur du lycée et M. Jean-Michel Fritz, premier adjoint au Maire en charge de la Culture, ont inauguré officiellement l'exposition par un discours. M. Campenon, dont les éléments de langage avaient été fournis par la classe de 2 GA2, a rappelé que la culture était un élément important de la vie du lycée et que l'accès à l'art et aux pratiques culturelles faisait partie des missions essentielles d'un établissement scolaire. M. Fritz a insisté sur le fait que l'on ne pouvait se contenter aujourd'hui d'attendre que le public vienne vers les œuvres d'art : les œuvres doivent aussi se déplacer vers le public.

Les discours de M. Campenon et M. Fritz
Les élèves de 1e L ont ensuite présenté à chaque invité qui le souhaitait les œuvres à l'aide des commentaires préparés.

L'exposition est accessible librement aux élèves, sur les temps d'ouverture du CDI jusqu'au samedi 1er février. Les enseignants d'Arts Plastiques ont également prévu un questionnaire afin que les élèves puissent réfléchir à leurs émotions et les exprimer.


Les élèves de 1e L, se préparant à présenter l'exposition

De grands remerciements à Sindy Duarte, responsable de l'animation et de la médiation culturelle à la Mairie de Corbeil-Essonnes, à Florence Cabaret, Bertrand Cahut et Delphine Vasseur qui enseignent dans les deux classes concernées, et aux élèves de 2 GA2 et de le L1, qui se sont prêtés au jeu avec dynamisme et sérieux.

lundi 19 janvier 2015

Épistémologie des sciences : Roland Lehoucq fait des sciences avec Star Wars

Mardi 13 janvier à 14h en salle Isnard, c'était la traditionnelle conférence de physique des classes préparatoires du lycée. 
Roland Lehoucq, astrophysicien au Commissariat à l'énergie atomique sur le plateau de Saclay, nous a exposé plusieurs faits scientifiques à partir de différentes situations de la saga Star Wars, afin de démontrer que l'on peut se poser des problèmes scientifiques et tenter de les résoudre à partir de n'importe quoi, y compris des choses a priori extravagantes. 

Larsen dans le haut-parleur. La conférence n'est pas commencée que Roland Lehoucq interpelle son public sur la réalité scientifique du phénomène qui vient de secouer de façon fort désagréable nos oreilles.

Il faut apprendre à raisonner, se poser des questions, exercer son esprit critique, utiliser ses connaissances scientifiques pour tenter de résoudre des problèmes ouverts : c'est ainsi que la science avance et cela est valable pour tous les publics auxquels Roland Lehoucq expose cette conférence.

Nos problèmes du jour résultent des questions que tout un chacun peut se poser après avoir vu les deux trilogies de Star Wars : qu'est-ce que la Force ? quelle est la puissance du sabre laser ? comment fonctionne "l'Étoile de la mort" ?

La première image que nous montre Roland Lehoucq présente l'Empereur couvert de sa cape envoyant un arc électrique sur Luke Skywalker à l'aide de ses seules mains. Cela ressemble beaucoup à une expérience du Palais de la découverte. L'air est rendu conducteur par la forte différence de potentiel électrique entre le sol et les mains.

La forte différence de potentiel électrique rend l'air conducteur
© Palais de la découverte / C. Rousselin

Après avoir calculé le différentiel de potentiel nécessaire pour que l'empereur terrasse Luke, notre conférencier a cherché à imaginer comment isoler l'Empereur du sol. Pour cela, il faut que les chaussures soient suffisamment isolantes, ce qui dépend à la fois de la matière de la semelle et de sa taille. Après contact avec des fabricants de chaussures, il en a conclu qu'il fallait des semelles d'au moins 40 cm.

Pour essayer de se représenter ce qu'est la Force, on doit partir de sa définition donnée par le maitre Jedi Obi-Wan Kenobi.
« La Force c'est un champ d'énergie créé par tous les êtres vivants. Elle nous entoure et nous pénètre. C'est ce qui lie la galaxie en un tout uni ».
Tenter de démêler ce qui est scientifique dans ce discours nous fait approcher une réalité quotidienne, celle des publicitaires qui, pour nous vendre n'importe quoi, des crèmes de beauté au moindre objet technologique, enveloppent leurs discours d'un sabir pseudo scientifique à visée marketing. La définition donnée par Obi-Wan utilise de nombreux termes scientifiques (champ d'énergie, êtres vivants, galaxie, etc.), mais cela suffit-il à en faire une définition scientifique ?

À bien y réfléchir, cette définition de la Force est analogue à ce que nous connaissons de la force gravitationnelle. Le pouvoir des Jedi peut donc se comprendre comme la possibilité de manipuler la gravitation à distance.

Par exemple, quand Luke s'entraîne sur Dagoba, il apprend à faire léviter son vaisseau spatial, ce qui revient à faire s'exercer une gravité négative en dessous du vaisseau afin de le soulever puis une gravité nulle pour le maintenir en lévitation. Penser de telles modifications de la gravitation nous oblige à réévaluer la notion de haut et de bas. Le bas se définit alors comme la direction vers où nous attire la gravité.

Le sabre laser nous occupe ensuite un bon moment. La notion de sabre est un peu problématique, car le laser c'est de la lumière. D'ailleurs, laser signifie "amplification de la lumière par émission stimulée de rayonnement". On ne voit un laser que lorsqu'il rencontre un obstacle, ce qui n'est pas le cas des sabres laser du film. Le caractère fini du sabre laser pose également problème et, bien évidemment, quand deux faisceaux lumineux se croisent, ils ne s'entrechoquent pas en faisant du bruit... Les sabres laser semblent donc impossibles à réaliser en vrai.
Ensuite, se pose la question de la puissance dudit sabre. Il a fallu enquêter dans les films pour trouver une séquence permettant de la déterminer. Dans l'épisode I, La Menace fantôme, Qui-Gong Jinn fait fondre en trois secondes une porte en acier. Il suffit donc d'estimer le volume d'acier fondu, puis de calculer la température à laquelle il faut porter l'acier pour déterminer cette puissance. Après tous ces calculs, on peut estimer que la puissance du sabre est équivalente à celle d'une centrale nucléaire ! Ça laisse rêveur...

Enfin, la facilité avec laquelle l'Étoile noire pulvérise la planète Alderande nous donne l'occasion de quelques calculs sympathiques pour évaluer la force nécessaire à la destruction de la planète. Dans un premier temps, il faut calculer la force équivalente à la force de liaison de la planète, laquelle dépend de sa masse. Cette recherche nous a permis de comprendre pourquoi, passés une certaine masse, les objets célestes sont sphériques. Plus la masse d'un corps est importante et plus sa force gravitationnelle s'exerce, ce qui aplanit la surface. Une fois ce calcul terminé, reste encore à prendre en compte la puissance et la forme de l'explosion, celle-ci nécessitant un "tir" d'une puissance difficilement imaginable.

Ces leçons de physique avec Star Wars peuvent être reprises avec de nombreux autres films de science-fiction, selon l'imagination du lecteur du blog. Cela ne doit toutefois pas remettre pas en cause l'imaginaire poétique des films...

Pour aller plus loin
  • Roland Lehoucq est l'auteur de plusieurs ouvrage de vulgarisation scientifique. Le CDI possède en particulier Mais où est donc le Temple du Soleil ? consacré aux relations entre Tintin et la science.
  • Dans le même registre, Marion Montaigne propose régulièrement sur son blog de BD Tu mourras moins bête (mais tu mourras quand même) des articles très drôles de vulgarisation scientifique. Récemment, elle a notamment traité des problèmes psychiques des astronautes et de la descente vertigineuse de Gandalf dans le Seigneur des Anneaux. Le CDI possède d'ailleurs le premier tome de Tu mourras moins bête : La science c'est pas du cinéma.
  • Le Palais de la Découverte offre de nombreuses expériences scientifiques parmi laquelle l'expérience de physique électrostatique mentionnée par Roland Lehoucq.

lundi 12 janvier 2015

Jeudi 18 Décembre : table ronde sur l'eau, étude de cas et regards de chercheurs


L'association Sciences Essonnes a présenté pour la première fois au lycée une table ronde sur l'eau permettant d'échanger sur des problématiques de développement durable, à partir de cas concrets présentés par deux chercheurs de discipline différentes: Abdoul Ba, maître de conférence en géographie à l'Université d’Évry Val d'Essonnes, et Camille Dupat, chercheuse en hydrodynamique à l'école Polytechnique. L'originalité de la formule, c'est aussi la présence des adhérents de l'association.






Qu'est-ce qu'un enseignant-chercheur ? C'est Abdoul Ba,  géographe, qui répond en premier à cette question afin d'expliquer son métier aux élèves de seconde présents avec leurs professeurs d'histoire-géographie. Un enseignant-chercheur doit d'abord effectuer un certain nombre d'heures d'enseignement auprès de ses étudiants. Le reste du temps, il fait de la recherche sur sa spécialité qui est généralement un sujet qui le passionne. Il voyage pour enquêter sur le terrain et participer à des séminaires. Il écrit des livres, publie des articles...

Abdoul Ba nous présente son sujet d'étude qui porte sur le bassin du fleuve Sénégal, un espace très vaste, drainé par le fleuve et ses affluents sur 330 000 kms², comprenant 4 pays : la Guinée, la Mauritanie, le Sénégal et le Mali. La zone a des conditions climatiques arides, presque désertiques, d'ailleurs le mot arabe "Sahel" signifie rivage.
Avec trois mois de pluie par an, la vie des éleveurs et des cultivateurs est difficile et leur cohabitation compliquée : les éleveurs sont nomades alors que les cultivateurs sont sédentaires. Les éleveurs ont tendance à se déplacer le long du fleuve sans tenir compte des frontières héritées de la colonisation. Il parait absurde de présenter un passeport pour aller s'abreuver. Ces divergences d'intérêt ont même provoqué une guerre entre la Mauritanie et le Sénégal en 1989. La gestion de l'eau est en effet différente selon les pays et la prédominance des éleveurs ou pas dans leur population.

Deux barrages, l'un au Mali, l'autre au Sénégal viennent compliquer la situation. L'un empêche les remontées d'eaux salées dans l'embouchure du fleuve et l'autre sert à produire de l'hydroélectricité. Les écosystèmes sont alors modifiés et les maladies dues à la présence des eaux stagnantes augmentent. Le calendrier des activités humaines est lui aussi modifié car l'eau est toujours présente.
C'est un vrai défi de faire s'entendre quatre pays pour une meilleure gestion de la ressource et régler les différents problèmes nés de la construction des barrages dans l'intérêt de toutes les populations.


Camille Dupat, nous présente d'abord son laboratoire, où l'on vient du monde entier pour étudier l'écoulement des fluides : à l'échelle des océans comme à l'échelle des flux sanguins.

Elle nous propose alors une étude de cas qui évoque une situation très locale, celui du village de Chigungo au Chili, à peu près 200 personnes, dans le désert d'Atacama, une des zones les plus arides de la planète où il ne pleut que tous les 10 ans. Le brouillard, en revanche, est très souvent présent. L'eau potable du village était jusqu'à peu livrée par camion. En 1992, les villageois ont posé 50 filets à brouillard (de 4m de long sur 1m de haut) et ont ainsi pu récupérer, par condensation, des gouttes de brouillard, soit environ 10 000 litres d'eau par jour. C'est d'une mise en œuvre facile, les villageois ayant utilisé des filets de pêcheur ordinaire.
Dans ce contexte, quelle aide peuvent apporter les chercheurs ?
Ils ont étudié le phénomène et proposé des améliorations simples à partir de ce qu'il est possible de trouver sur place. Ils ont donc commencé par chercher comment s'agrègent les gouttes de 2 microns en suspension et comment elles peuvent s'écouler pour être récupérées ensuite dans un bassin et acheminées au village. Une série de films sur l'écoulement des gouttes sur différents supports nous a montré l'intérêt de cette étude. La nature du support importe énormément ainsi que la taille des mailles. Il faut favoriser la "coalescence" et éviter que le vent n'emporte les gouttes trop légères. Il faut également éviter les produits chimiques polluants et coûteux. Les chercheurs essaient aussi de voir si la méthode est transposable dans d'autres sites arides soumis au brouillard.

Dans tous les cas, les chercheurs partent d'une pratique de terrain pour proposer des améliorations de l'accès à l'eau. Ils s'interrogent aussi sur les manières de cultiver, l'usage de plantes plus adaptées à la sécheresse et sur l'éducation à ne pas gaspiller l'eau.
En effet, même si les pays du "Sud" n'en sont pas à des consommations d'eau par habitant aussi importantes que les pays du "Nord", les modes de vie tendent à se rapprocher. Il faut donc éduquer.

L'eau est source de cohésion des communautés. Au Chili, les filets font l'objet d'un travail collectif pour leur entretien. Pour le fleuve Sénégal, c'est un organisme international, l'Organisation pour la Mise en Valeur du fleuve Sénégal (OMVS), regroupant des représentants des quatre pays concernés, qui définit la répartition de consommation et qui régule les usages.

Pour aller plus loin :

voici la bibliographie de M. Ba : 
- Acteurs et territoires du Sahel, ENS, 2007
- Dimension culturelle du développement, L'Harmattan, 2010
- Dynamiques de développement et enjeux de gouvernance territoriale, L’Harmattan, 2013

samedi 10 janvier 2015

Nous sommes Charlie...

Reçu aujourd'hui ce mail de la Fondation Seligmann que je souhaite partager avec le plus de monde possible......


La Fondation Seligmann et le journal Après-demain rendent hommage aux victimes de l'attentat perpétré contre Charlie Hebdo le 7 janvier 2015 portant atteinte à nos valeurs démocratiques fondamentales.
  
Voltaire, Dictionnaire philosophique portatif (1764), extrait de l'article "Fanatisme", section II :

"On entend aujourd’hui par fanatisme une folie religieuse, sombre et cruelle. C’est une maladie de l’esprit qui se gagne comme la petite vérole. Les livres la communiquent beaucoup moins que les assemblées et les discours. On s’échauffe rarement en lisant : car alors on peut avoir le sens rassis. Mais quand un homme ardent et d’une imagination forte parle à des imaginations faibles, ses yeux sont en feu, et ce feu se communique; ses tons, ses gestes, ébranlent tous les nerfs des auditeurs. Il crie : « Dieu vous regarde, sacrifiez ce qui n’est qu’humain ; combattez les combats du Seigneur ! » et on va combattre.

Celui qui a des extases, des visions, qui prend des songes pour des réalités, et ses imaginations pour des prophéties, est un fanatique novice qui donne de grandes espérances ; il pourra bientôt tuer pour l’amour de Dieu. [...]

Il n’est d’autre remède à cette maladie épidémique que l’esprit philosophique, qui, répandu de proche en proche, adoucit enfin les mœurs des hommes, et qui prévient les accès du mal; car dès que ce mal fait des progrès, il faut fuir et attendre que l’air soit purifié. Les lois et la religion ne suffisent, pas contre la peste des âmes ; la religion, loin d’être pour elles un aliment salutaire, se tourne en poison dans les cerveaux infectés. [...]

Que répondre à un homme qui vous dit qu’il aime mieux obéir à Dieu qu’aux hommes, et qui en conséquence est sûr de mériter le ciel en vous égorgeant ?"

L'équipe de la Fondation Seligmann et du journal Après-demain.

mardi 6 janvier 2015

Le temps : absolu ou relatif ?

 Samy Sisaid, étudiant à l'école Polytechnique, est en stage au lycée. Il participe à l'accompagnement éducatif de nos élèves.
Les mardis 9 et 16 décembre, il a organisé, dans ce cadre, une conférence scientifique sur le thème du temps.

Samy Sisaid a d'abord rappelé que l'on aborde la question du temps par des échelles fixes de durée : heures, jours, années, etc. qui ne dépendent pas de nos perceptions psychologiques. Pour un homme, le temps peut passer parfois beaucoup trop vite, alors qu’à d’autres moments une minute semble durer longtemps. Le rêve brouille d’ailleurs encore plus notre perception du temps, puisque nous pouvons rêver aussi bien du passé que du futur.  Les règles de temporalité semblent alors complètement disparaître. On ressent donc une distinction entre un temps psychologique, par nature relatif, et un temps physique qui nous semble universel et donc absolu.

Isaac Newton a défendu cette idée d’un temps physique absolu qui s’oppose au temps psychologique, mais cette théorie a été remise en cause par Albert Einstein en 1905. Newton a exposé ses principales théories dans les Principia :
  • le principe d’inertie : un corps soumis à une force nulle ou à des forces qui se compensent conserve uniformément son mouvement (ou son absence de mouvement) ;
  • la vitesse de la lumière ne possède pas de limite ;
  • le principe de causalité : un effet ne précède jamais sa cause ;
  • la loi de la composition de la vitesse : un homme qui marche dans un train cumule sa vitesse de marche avec celle du train dans un référentiel terrestre.





Paul Dirac a montré au contraire qu’il existait des particules pouvant disparaître avant d’apparaître. C’est pour conserver le principe de causalité, qu’a été développée la théorie de l’antimatière. Le principe de causalité revient à dire qu’il existe une direction au temps, une “flèche”. On peut au final considérer que c’est le principe d’entropie qui définit cette “flèche” en dehors des actions réversibles (= qui ne créent ni ne détruisent de l’ordre), autrement dit,  le temps s’écoule dans le sens d’une augmentation du degré de désordre dans l’univers.

La découverte de la théorie électromagnétique de la lumière a remis en question l’idée d’un temps absolu. En effet, dès lors que l’on admet qu’il existe une vitesse de la lumière valable quelle que soit le référentiel, on ne peut appliquer la loi de composition de la vitesse à la lumière, sauf à admettre que c’est le temps qui évolue. C’est donc parce que la vitesse de la lumière est constante que le temps ne peut être que relatif. Celui-ci s’écoule d’autant moins vite que la vitesse de l’espace concerné est grande. On en arrive alors à l’idée d’un univers non en trois mais en quatre dimensions (c’est ce que l’on appelle l’espace de Minkoski à 4 dimensions). Cette théorie de la relativité restreinte a été découverte par Albert Einstein à l’âge de 26 ans.

On s’est également aperçu que la notion de simultanéité est elle aussi relative. Lorsque l’on actionne deux interrupteurs en même temps sans se déplacer, on peut voir les deux lumières s’allumer au même moment. Mais si l’on se déplace, notre perception change : selon le sens du mouvement une des deux lumières s’allume en premier. De même, si l’on imagine un extraterrestre immobile à plusieurs millions d’années lumières, celui-ci sera synchronisé avec notre présent. En revanche, s’il s’éloigne de la Terre, il sera synchronisé avec notre passé ; s’il se rapproche, il sera synchronisé avec notre futur. On parle alors de la théorie de "l’univers bloc" pour décrire le fait que dans l’espace co-existent notre présent, notre passé et notre futur.
Albert Einstein a ajouté à la théorie de la relativité restreinte celle de la relativité générale : plus une masse importante est proche et plus le temps s’écoule lentement. C’est cette théorie qui est notamment utilisée par le film Interstellar lorsque la navette spatiale s’approche d’un trou noir.

La notion de temps est également un concept important en biologie : son étude est appelée chronobiologie. La vie des êtres vivants est fondée avant tout sur la lumière. Celle-ci engendre des phénomènes à la fois endogènes (dont la cause est interne, ce qui signifie ici qu’elles sont liées à la génétique) et exogènes (dont la cause est externe). Pour l’homme, le rythme de la vie dépend de la lumière : lorsque il fait nuit, l’hypothalamus (qui est une région du cerveau) active les phases de sommeil ; lorsque il fait jour, l’hypothalamus active les phases d’éveil. C’est la mélatonine qui est l’hormone de régulation des rythmes de sommeil.

La chronobiologie s’intéresse également au vieillissement des êtres vivants. Les recherches en génétique ont montré que les parties terminales des chromosomes, que l’on nomme télomères, ne sont pas codantes (autrement dit, elles ne permettent pas la production de protéines). Ces télomères ont en fait pour fonction de préserver du vieillissement, puisque sans eux les chromosomes s’usent. Avec le temps, la télomérase fonctionne de moins en moins bien ce qui explique le vieillissement des individus. Des expériences ont d’ailleurs été menées sur des souris pour montrer qu’en injectant des enzymes de télomérase on pouvait retarder considérablement le vieillissement de ces souris et donc allonger leur espérance de vie.

samedi 20 décembre 2014

Rencontre des élèves de l'atelier sciences po avec Julien Monier rédacteur en chef d'Essonne Info.

Ce vendredi 5 décembre, Julien Monier, journaliste à Essonne Info est venu nous rendre visite au lycée dans le cadre de l’atelier Sciences Po. Ce journal en ligne a été crée en 2010 et donne une actualité politique, économique, sociale, sportive, citoyenne ou associative en Essonne chaque jour. Il a été créé pour fournir une vision plus locale de l’actualité à la population et les journalistes y travaillant favorisent la qualité et l’analyse pour la rédaction de leurs articles, et la connaissance de leur département qui facilite leurs rédactions, leurs déplacements.

Diplômé en Administration Économique et Sociale, et avec un master de sociologie urbaine, Julien Monier n’a pas eu un parcours habituel en passant par une école de journalisme, comme la moitié de la profession d'ailleurs. Cependant, il n’a jamais douté de sa vocation, n’a jamais baissé les bras face aux difficultés du monde du travail. Il lit la presse et beaucoup de livres, et cherche à comprendre le monde par le plus de biais possibles en diversifiant ses sources. C’est ce qu’il lui a donné envie de créer avec d’autres ce journal.

Nous avons également évoqué avec lui les difficultés que rencontre la presse actuellement, notamment la presse papier. La presse vit une transition majeure avec la révolution Internet, les journalistes doivent ainsi sans cesse s’adapter aux changements permanents, ce qui engendre certaines difficultés économiques. Julien Monier nous a d’ailleurs parlé d’un certain nombre de journaux qui faute d’adaptations aux mutations de la presse ou à la crise licencient voire disparaissent. Il a aussi évoqué les difficultés du métier de journaliste : une évolution de carrière plutôt lente, une rémunération plutôt faible, et nous a ainsi parlé de la nécessité d’avoir un réseau solide pour entamer sa carrière et évoluer.

Ce que l’on pourrait surtout retenir de ce moment passé avec lui est que si nous avons des passions, un rêve, il faut mettre tout en œuvre pour le réaliser, se fixer des objectifs clairs et les atteindre et de ne surtout pas baisser les bras à la première difficulté.

Sarah Daïri, TES3

lundi 15 décembre 2014

Journée du livre d'économie : des lycéens au ministère de l'Économie

Le mercredi 26 novembre 2014, 30 élèves de 1e et de Terminales du lycée, inscrits à l’atelier Sciences Po, ont assisté, au ministère de l’Économie et des Finances, à la journée du livre d’économie qui récompense des ouvrages d’économie accessibles au grand public.

Tout le monde s’est levé à l’aube afin d’être parmi les premiers arrivés à Bercy et profiter ainsi des meilleures places. La journée a débuté par un sondage présenté par Brice Teinturier, directeur général délégué à Ipsos, et diffusé le jour même dans le journal Le Monde. Ce sondage montre que les Français ont globalement une image positive des entreprises, et ce, quelles que soient leurs opinions politiques. Les Français se distinguent d’abord par leur attachement particulier à l’épanouissement personnel dans le travail.



Ensuite, trois tables rondes ont cherché à définir la place des entreprises et de leurs dirigeants dans la société d’aujourd’hui. Sophie Pedder, journaliste à The Economist, Xavier Ragot, président de l’OFCE et Louis Schweitzer, président d’Initiative France et ancien PDG de Renault, ont insisté sur le fait que s'il n'était pas particulièrement difficile de créer une entreprise en France, il est en revanche nécessaire de réfléchir aux moyens de favoriser leur développement et leur croissance : ouverture du capital, pédagogie de la réussite commune avec les salariés, ou plus forte coopération entre les entreprises. 

La deuxième table ronde avec Stéphane Rozès, président la société CAP et maître de conférences à Sciences Po Paris, Karine Berger, députée PS des Hautes-Alpes et Antoine Boulay, directeur des relations institutionnelles de BPI France, a plutôt mis l'accent sur la question de la responsabilité des entreprises ainsi que de leur compétitivité et débattu de la pertinence des mesures gouvernementales pour l'augmenter. La responsabilité des entreprises a été évoquée avec l'exemple de la demande schizophrène  des consommateurs aux entreprises :  ceux-ci souhaitent consommer à bas prix tout en exigeant qu'elles fassent un effort en terme de protection de l'environnement et de la santé des travailleurs. Le financement des entreprises a également été abordé, à travers le CICE (Crédit impôt compétitivité emploi) et la question des Français "très forts pour épargner", selon Karine Berger mais dont on n'arrive pas à orienter l'épargne vers le financement d'entreprises. De plus, les mutations apportées par l'économie numérique et l'internationalisation ne sont pas encore prises en compte par les politiques publiques. Antoine Boulay a également rappelé que les banques ne savaient pas comment gérer la dématérialisation de l'économie.



La troisième table ronde a fait dialoguer Laurence Parisot, vice-présidente de l'IFOP, ancienne présidente du MEDEF, et Élie Cohen, économiste, directeur de recherche au CNRS et professeur à Sciences Po, sur les rapports compliqués de la France avec ses entreprises. La question du dialogue social a été abordée de façon positive par Laurence Parisot qui a rappelé que des accords avaient été signés notamment sur la rupture conventionnelle du contrat de travail. Elle rappelle aussi que le libéralisme ce n'est pas "le grand n'importe quoi", qu'il est nécessaire de réguler. Il faudrait trouver des solutions pour inciter l'investissement dans les entreprises au lieu de valoriser l'assurance-vie. Élie Cohen rajoute que dans un contexte global où l'emploi industriel en France a chuté de près de 40 % en 30 ans, le taux de marge des entreprises est très dégradé. Les investissements sont en chute libre car la capacité d'autofinancement des entreprises est très faible. Alors que faire ? Miser sur la formation initiale et continue, former mieux et plus efficacement est une piste. Elie Cohen propose de "changer de modèle" vers une économie de l'innovation.



Cette année, exceptionnellement, trois prix ont été remis lors de cette journée :
  • Le prix lycéen pour L’économie pour toutes : un livre pour les femmes que les hommes feraient bien de lire aussi de Jézabel Couppey-Soubeyran et Marianne Rubistein. Ce livre cherche à la fois à aborder les inégalités hommes-femmes et à répondre de façon claire à de nombreuses questions quotidiennes. 
  • Un prix spécial du jury a été remis à Valéry Giscard d’Estaing, ancien président de la République, pour son livre Europa - La dernière chance de l’Europe. Son discours plein de verve et sans note a particulièrement impressionné les lycéens. 
  • Le prix du livre d’économie est revenu à Changer de modèle de Philippe Aghion, Gilbert Cette et Élie Cohen. 
 Les prix ont été remis par la ministre de l’Éducation Nationale, Mme Najat Vallaud-Belkacem, et le ministre de l’Économie, M. Emmanuel Macron. Les lycéens ont pu profiter de l’occasion pour discuter avec les ministres et prendre quelques selfies.

Illustration :  
- Bercy ministère des Finances par ActuaLitté. Licence Creative commons by-sa 2.0
- Élie Cohen, Philippe Escande et Laurence Parisot lors de la troisième table ronde "La France et ses entreprises". Droits réservés Lire la politique.

jeudi 4 décembre 2014

Claire Gibault et Silvia Colasanti : Orfeo, rencontre autour d'un mythe et d'un métier..

Mardi 2 décembre, en salle Isnard, Claire Gibault est venue rencontrer les lycéens impliqués dans le projet concert du Paris Mozart Orchestra, accompagnée de Silvia Colasanti la compositrice du mélologue Orfeo, qui sera représenté au lycée le 22 janvier 2015.


Cette partition est jouée par deux musiciennes complémentaires mais très différentes. En effet Silvia n'a pas comme Claire été éduquée dans une famille de musiciens. Elle compose depuis l'âge de 11 ans, et c'est grâce à des professeurs qui ont cru en elle, qu'elle a pu accéder à une classe de composition dans laquelle elle était la seule femme. Claire, quant à elle, a eu son père comme premier professeur, elle a ainsi été formée dès l'âge de 4 ans, pour conquérir son statut.

Un premier extrait vidéo passe, montrant Claire dans l'exercice de sa fonction de chef d'orchestre, ce qui l'amène à ce commentaire sur le montage qui tente de gommer la violence de l'engagement physique devant l'orchestre par des insertions d'images d'elle plutôt souriante, comme s'il fallait à tout prix évoquer quelque chose de doux et féminin.

Comment écrire de la musique ? Silvia répond qu'elle doit d'abord penser la musique pour l'écrire sur le papier, plutôt que de travailler au piano, dont le timbre est réducteur . Elle se sert également du logiciel de composition "Finale". Claire rappelle que Silvia est brillante et lauréate de nombreux prix, ce que l'on peut vérifier sur son site web:


Silvia aime écrire sur des mythes antiques car il y toujours possibilité de moderniser les personnages, mais elle a aussi écrit sur la métamorphose de Kafka, un texte que tout le monde connait, car on l'étudie dans toutes les écoles d'Europe.

La rencontre de Claire et de Silvia s'est faite par l'intermédiaire de Fabio Vacchi, dont Silvia était l'élève. Lors d'un concert organisé pour trouver des fonds pour la reconstruction du village de l'Aquila détruit par un tremblement de terre, Claire devait diriger Medea, une composition de Silvia qui venait d'avoir un bébé. Elle a été impressionnée par le tempérament de cette musicienne qui n'hésitait pas à donner au public un morceau où il est question d'une mère qui tue ses enfants, alors qu'elle-même venait d'accoucher.

Le mélologue est un genre musical sur de la voix parlée. Le premier mélologue a été un Pygmalion de Jean-Jacques Rousseau, mis en musique par Georg Benda. Au cours de recherches, Claire a pu trouver une lettre de Mozart ayant assisté à la représentation qui trouve formidable ce genre simple et agréable.

Dans Orfeo, Silvia utilise divers procédés pour créer des images et des couleurs comme une phrase musicale de Monteverdi qui a écrit aussi un Orfeo, le premier opéra de l'histoire de la musique. Elle place un cor derrière les spectateurs pour les inciter à se retourner en entendant l'instrument, au moment où dans le mélologue, Orfée se retourne et perd Eurydice.

Le Paris Mozart Orchestra, pour cette œuvre, se compose de 5 instruments à cordes, 4 instruments à vent, et de nombreuses percussions dont un bâton de pluie.

Claire évoque ensuite la gestuelle du chef d'orchestre avec sa baguette qui amplifie le geste. La main droite, c'est celle de la précision, et la gauche celle de l'expression. C'est l'inverse si le chef d'orchestre est gaucher, et ça arrive quelquefois !
La gestuelle est importante car le chef d'orchestre ne parle que pendant les répétitions. Pendant le concert, il doit réunifier tout ce que donnent les musiciens.
Pour les compositeurs, l'interprète comme le public ont un rôle fondamental car chacun, à sa façon, apporte à la création. C'est comme un miroir, le compositeur avec l'interprète découvre quelque chose, c'est tout sauf figé, et ça évolue dans le temps.

En dirigeant des master-classes de direction d'orchestre, Claire s'est rendue compte que sa présence rassurait les jeunes femmes qui sont aussi nombreuses dans son cours que les hommes. Être chef d'orchestre suppose avoir une bonne connaissance de la science musicale. C'est aussi un travail physique et travailler physiquement va de pair avec le travail intellectuel et l'enrichit. C'est en effet l'engagement du corps qui crée la mémoire du geste. Geste indispensable à la restitution de la musique le jour du concert.




Le mélologue Orfeo est suivi dans le programme du concert  par le chœur du lycée dirigé par Corinne Camperon et Sylvain Follot, qui nous font part d'un moment de  répétition du chant extrait de la musique du film Orfeu Negro. 


Silvia et Claire nous quittent pour aller enregistrer une émission de France Musique qui sera diffusée le 14 décembre à 16 h.
Prochaine étape du projet: 22 janvier, au gymnase escalade pour le concert.